Des trésors égyptiens sous-marins exposés pour la première fois

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D’anciens trésors égyptiens spectaculaires vont être exposés pour la première fois après avoir été découverts sous l’eau dans des ruines submergées à proximité des villes légendaires de Thonis-Heracleion et Canopus.

Une statuette d’un pharaon finement sculptée et une représentation aux yeux d’or du dieu Osiris sont parmi les antiquités qui seront dévoilées dans une grande exposition à Paris dès le mois prochain.

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Statuette en bronze d’un pharaon. Photo : Christoph Gerigk

Les villes ont été presque effacées de la mémoire de l’humanité après avoir coulé sous les vagues au VIIIe siècle, puis sont arrivées des catastrophes naturelles dont un tremblement de terre et un raz-de-marée.

À travers un vaste site dans la baie d’Aboukir près d’Alexandrie, le fond de la mer a donné quelques secrets d’un monde perdu lors de fouilles menées par Franck Goddio, un archéologue marin français.

En fondant l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine à Paris (IEASM), Goddio travaille avec Oxford Centre for Maritime Archaeology à l’université d’Oxford, et les autorités égyptiennes.

Il a déclaré au Guardian : «Il y aura de nombreux objets importants qui n’ont jamais été vus auparavant, même en Egypte, étant donné qu’ils ont été récemment découverts lors de nos missions sous-marines.”

Dr Damian Robinson, directeur du Centre d’Oxford, a décrit les découvertes comme extrêmement importantes.

Le site immergé couvre environ 110 km carrés, il a dit : “Dans ce cadre, il y a probablement deux villes submergées, peut-être trois. Franck a principalement concentrés ses efforts sur la région pour savoir à quoi la topographie ressemble, avec des petites fouilles pour clarifier les questions de recherche. Nous avons probablement fouillé seulement 1% ou 2% du site – peut-être moins.”

La découverte du site par Goddio en 2000 a été l’une des plus grandes découvertes archéologiques de ces derniers temps. Des statues colossales, des bijoux et des pièces ont révélé une civilisation opulente figée dans le temps.

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Tête en granite d’un prêtre, période ptolémaïque. Photo : Christoph Gerigk

Thonis-Heracleion, des noms égyptiens et grecs, était autrefois une ville prospère. Fondée autour du VIIIe siècle avant J-C, elle disposait d’un réseau de voies navigables et son port était une passerelle essentielle vers l’Egypte pour les navires étrangers. La découverte de plus de 700 ancrages anciens et 60 épaves datant du sixième jusqu’au deuxième siècle avant J-C a révélé l’intensité de l’activité maritime, a dit Goddio.

Jusqu’à sa découverte, la mémoire de la ville avait été préservée par des écrits anciens. Hérodote, historien grec du Ve siècle avant J-C, a écrit sur un grand temple et la visite de Helen avec son amant Paris avant la guerre de Troie. La ville voisine de Canopus a également inspiré les auteurs classiques. Nicandre, poète du deuxième siècle avant J-C, a écrit que Canopus est mort mordu par une vipère sur le sable de Thonis.

La ville était célèbre pour ses sanctuaires dédiés à Osiris et d’autres dieux et ses guérisons miraculeuses. Osiris a été tué par son frère Seth, qui a jeté son corps dans le Nil et découpé ce dernier en 14 morceaux. La sœur-épouse d’Osiris Isis a miraculeusement ressuscité Osiris pour concevoir leur fils Horus. Après avoir vaincu Seth, Osiris était vénéré pour insuffler une nouvelle vie à la mort.

Goddio a déclaré que les découvertes ont confirmé les détails dans les textes anciens dont le décret de Canope, des inscriptions sur une stèle datant de 238 avant J-C, qui décrit les dons, les sacrifices et une procession sur l’eau.

Une lampe à huile utilisée lors des cérémonies honorant Osiris et les restes de sacrifices d’animaux font partis des objets de rituels qui ont été trouvés autour d’un site du temple et le long du canal de trois kilomètres reliant Thonis-Heracleion et Canopus.

Goddio dit qu’il y a aussi des objets uniques “jusque là inconnus et qui ne sont représentés dans aucun musées”. D’autres découvertes incluent la tête en granite noir très réaliste d’un prêtre et une céramique représentant le redoutable dieu Bès, qui protégeait des forces du mal avec des danses grotesques et en faisant des grimaces.

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Céramique représentant le dieu Bès qui soulève un poignard. Photo : Christoph Gerigk

L’exposition, intitulée Osiris, Mystères engloutis d’Égypte, mettra en vedette plus de 290 artefacts. Elle aura lieu à l’Institut du Monde Arabe à Paris – dirigé par Jack Lang, ancien ministre de la culture de la France – du 8 septembre jusqu’au 31 janvier.

Un film sera diffusé pour recréer l’atmosphère sous-marine des sites engloutis. «Ce sera une expérience très spéciale pour le visiteur“, a déclaré Goddio.

Source : The Guardian

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