Gilet jaune des villes, Gilet jaune des campagnes : où en est le mouvement après l’acte 7 ?

Le mouvement citoyen connaît, selon les chiffres du gouvernement, une baisse de mobilisation. Toutefois, soutenus par une majorité de Français selon les sondages, les Gilets jaunes ne semblent pas près de baisser les bras.

Difficile de passer à côté : le constat qui s’impose après l’acte 7 de la mobilisation des Gilets jaunes, le 29 décembre, est celui d’un rassemblement moins dense que les précédents, certains allant jusqu’à qualifier, en cette période des fêtes de fin d’année, le rassemblement parisien d’«anecdotique».

«Le mouvement semble poursuivre sa décrue», explique ainsi l’AFP, en fin de journée, au vu des derniers chiffres nationaux du gouvernement (12 000 manifestants en France), eux-mêmes annoncés… en milieu d’après-midi. Quant à la capitale, la préfecture de police a précisé que «seules 800 personnes […] dans plusieurs cortèges erratiques» s’y étaient retrouvées.

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Cependant, après avoir investi, de façon inédite, les routes de France lors de leur première mobilisation nationale le 17 novembre, les Gilets jaunes multiplient leurs actions depuis maintenant près de sept semaines. Et, selon un récent sondage de l’institut Elabe, le soutien de la population aux Gilets jaunes reste fort, alors que 70% des Français approuveraient toujours le mouvement citoyen.

Rassemblements répétés à Paris et dans les grandes villes françaises, mais aussi développement d’actions locales sur les péages, ronds-points ou encore centres commerciaux… A bien des égards, le mouvement des Gilets jaunes continue de surprendre par son évolution.

Paris : tonnerre, leurres tactiques, symboles…

Après avoir investi la capitale, notamment certains quartiers huppés et les abords des lieux de pouvoir dès le 24 novembre, les Gilets jaunes ont modifié la nature de leurs actions à Paris, tentant en partie de s’adapter à l’évolution des dispositifs de sécurité mis en place par les autorités après plusieurs scènes de violences difficilement contenues par les forces de l’ordre.

Dans le même temps, les éléments dissuasifs se sont multipliés : anxiété de se retrouver parmi des groupes de casseurs, nombreuses interpellations préventives, restrictions des transports en commun ou encore appels à cesser le mouvement après l’attentat de Strasbourg… Les facteurs externes expliquant la perte d’intensité des manifestations dans la capitale ne sont pas négligeables.

Une fois encore, il semblerait que les Gilets jaunes aient adapté leur stratégie parisienne pour échapper aux dispositifs policiers. Ainsi, le lieu de rassemblement initial de l’acte 6 n’a par exemple été communiqué qu’à la dernière minute, dans les rues tortueuses de la butte Montmartre, peu coutumières des manifestations.

Le caractère des actions, quant à lui, s’est fait plus symbolique avec le temps. De l’acte 7, ce sont surtout les images des rassemblements devant les locaux de plusieurs rédactions parisiennes que l’on retiendra.

Province : un mouvement qui s’enracine ?

Contrastant avec les faibles chiffres annoncés pour la mobilisation parisienne de l’acte 7, certains rassemblements en province semblent en revanche avoir rencontré un franc succès, proportionnellement à la taille des villes où ils ont eu lieu. A l’image par exemple de Bordeaux, où la vague jaune a réuni ce 29 décembre plusieurs milliers de manifestants.

Alors que l’interdiction de se rassembler a été décrétée par certaines préfectures, comme celle de la Somme, de nombreuses villes, de part et d’autre de l’Hexagone, ont vu défiler des foules de Gilets jaunes significatives, malgré la fraîche température d’un entre-deux fêtes traditionnellement peu propice à la mobilisation sociale. Des vidéos et images diffusées sur les réseaux sociaux témoignent ainsi de manifestants ayant par exemple défilé dans les rues de Marseille, Toulouse, Lille, Reims, Rouen, Nantes, Caen, Narbonne ou encore Tarbes.

La journée du 29 aura par ailleurs confirmé la poursuite de la mobilisation des Gilets jaunes aux abords des péages d’autoroutes, comme en témoigne par exemple une opération «péage gratuit» organisée sur l’axe Laval – Rennes.

Au delà du seul acte 7, la province a aussi et surtout été marquée, ces dernières semaines, par l’émergence inédite des «villages citoyens» aux abords de ronds-points ruraux, où les Gilets jaunes se sont relayés jour et nuit pour organiser des actions locales, notamment pour sensibiliser la population sur la revendication phare du mouvement citoyen : le RIC (référendum d’initiative citoyenne).

Une mobilisation rurale dont a témoigné Florence Aubenas dans son reportage Gilets jaunes : la révolte des ronds-points, réalisé après que la journaliste s’est rendue à la rencontre des manifestants sur les routes de France.

Dans une ambiance de fraternité retrouvée, la veille de Noël, des réveillons ont été organisés dans ces «villages citoyens», une messe de minuit ayant même eu lieu à Somain, dans le Nord, regroupant près de 200 personnes.

Lire aussi : Paroles de Gilets jaunes lors de l’acte 7 : «C’est le mouvement de la France qui souffre»

Source : RT par Fabien Rives

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