Des archéologues découvrent que le San José, le “Saint Graal des épaves”, vaut jusqu’à 17 milliards de dollars

En 1708, le San José – un navire galion espagnol transportant une réserve d’or, d’argent et d’émeraudes – a coulé au cours d’une bataille féroce contre les Britanniques dans la mer des Caraïbes. Aujourd’hui, après 310 ans de présence au fond de l’océan, l’épave du San José a finalement été identifiée officiellement, grâce à l’analyse des canons en bronze distinctifs qui ont coulé avec le navire.

Ces canons en bronze sont encore ornés de dauphins, selon des enregistrements du REMUS 6000, un véhicule sous-marin autonome (AUV) qui a atteint 9,1 mètres du naufrage en 2015, selon l’Institut océanographique de Woods Hole (Woods Hole Oceanographic Institution : WHOI).

Les canons de San José, photographiés en novembre 2015 par le REMUS 6000.
Crédit : REMUS image, Institut océanographique de Woods Hole

Bien que l’Institut océanographique connaisse ces détails depuis 2015, ce n’est que récemment que des agences affiliées – Maritime Archaeology Consultants (MAC), Switzerland AG et le gouvernement colombien – ont donné aux chercheurs la permission de divulguer les détails au public. [Voir les photos de l’épave du San José]

Le San José était équipé de 62 canons, mais il n’y avait pas eu match contre les Britanniques. Les navires de guerre auraient escorté le San José et ses trésors lors de la plupart de ses voyages du Nouveau Monde vers l’Europe chaque année. En fait, lorsqu’il a coulé, le San José transportait un trésor miné au Pérou qui, aujourd’hui, vaut entre 4 et 17 milliards de dollars, selon un rapport antérieur de Live Science. Ces richesses étaient destinées à alimenter la longue guerre de Succession d’Espagne, un conflit entre les Espagnols et les Français contre les Anglais.

Le REMUS 6000 tel qu’il est déployé au large du navire de recherche ARC Malpelo de la marine colombienne.
Crédit : Mike Purcell, Institut océanographique de Woods Hole

Mais en 1708, les escortes de navires de guerre ont été retardées et le commandant espagnol, l’amiral José Fernandez de Santillan, comte de Casa Alegre, a décidé de mettre les voiles. C’était une grosse erreur. Quatre navires anglais ont affronté le San José et son équipage de plus de 500 hommes. Après un combat sanglant au canon, le San José s’est enflammé et a coulé au fond de l’océan.

Depuis, des chasseurs de trésors et des archéologues tentent de le localiser.

Cet objectif a été atteint le 27 novembre 2015, lorsqu’une équipe internationale de scientifiques a trouvé une épave à bord du navire de recherche ARC Malpelo de la marine colombienne, a déclaré l’Institut océanographique. L’épave a été retrouvée à environ 600 mètres sous l’eau lors d’une fouille approuvée par le ministère colombien de la Culture.

Cependant, à l’époque, il n’était pas clair si l’épave était en fait celle du San José ou d’un autre navire. Ainsi, en 2015, l’Institut océanographique a envoyé le REMUS 6000, qui avait initialement aidé à localiser l’épave au large de la péninsule colombienne de Barú, pour y jeter un coup d’œil de plus près.

“Le REMUS 6000 était l’outil idéal pour ce travail, puisqu’il est capable d’effectuer des missions de longue durée sur de vastes zones”, a déclaré Mike Purcell, ingénieur du WHOI et chef d’expédition, dans un communiqué.

Les enregistrements de l’AUV ont montré que le navire était partiellement recouvert de sédiments. La sculpture décorative sur les canons, filmée lors d’une plongée ultérieure, a permis à Roger Dooley, archéologue marin en chef au MAC, de confirmer que l’épave était le San José, selon le WHOI.

Tasses à thé sur le site de l’épave du navire
Crédit : REMUS image, Institut océanographique de Woods Hole

Le San José a une importance culturelle et historique considérable, car il contient des artefacts qui aideront les historiens à mieux connaître le climat économique, social et politique de l’Europe au début du XVIIIe siècle, a noté le WHOI. Le gouvernement colombien prévoit de construire un musée et un laboratoire de conservation pour préserver et exposer le contenu de l’épave, y compris ses canons et ses céramiques.

Le REMUS 6000 appartient à la Fondation Dalio et est exploité par WHOI. Le véhicule a également joué un rôle clé dans d’autres missions en haute mer. En 2009, il a permis de retrouver l’épave du vol 447 d’Air France, l’avion qui s’est écrasé alors qu’il volait du Brésil vers la France. Et en 2010, l’AUV a aidé à cartographier et photographier le site de l’épave du Titanic, selon l’Institut océanographique de Woods Hole.

Source : Live Science

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