La découverte exceptionnelle au Kenya d’un crâne vieux de 13 millions d’années

La découverte au Kenya du crâne d’un bébé singe vieux de 13 millions d’années nous éclaire un peu plus sur l’histoire des ancêtres des primates.

Homo Sapiens évolue depuis au moins 300 000 ans, soit une fraction de seconde dans toute l’Histoire de notre planète. Nous savons depuis quelques années que l’Homme moderne partage avec les grands singes un ancêtre commun qui aurait évolué il y a entre six et sept millions d’années. En revanche, nous ne savons pas grand-chose sur nos ancêtres qui vivaient il y a plus de dix millions d’années et c’est pourquoi chaque fossile est une aubaine. La découverte récente d’un crâne vieux de treize millions d’années appartenant à un singe proche de l’ancêtre commun des singes actuels et des humains pourrait nous éclairer sur leur évolution et donc par extension sur notre évolution.

Découvert près du lac Turkana au Kenya, le fossile est celui d’une nouvelle espèce appartenant au genre Nyanzapithecus, une branche primitive des hominoïdes. Le groupe des hominoïdes, dit des grands singes, comprend actuellement les humains, les chimpanzés, les gorilles, les bonobos, les orangs-outans et les gibbons. Le crâne appartient à un spécimen infantile baptisé « Alesi » (« ancêtre » en langue locale). Il est à ce jour le fossile de crâne de singe le plus complet issu d’une espèce éteinte jamais découvert.

« Nyanzapithecus alesi faisait partie d’un groupe de primates qui existait en Afrique il y a plus de dix millions d’années », déclarait il y a quelques jours Isaiah Nengo, principal auteur de cette étude publiée dans la revue Nature. “Cette nouvelle espèce ressemblait à un gibbon sur certains aspects, mais ne se déplaçait pas de la même façon.”

Le crâne est également si bien conservé que les scientifiques ont pu estimer l’âge du jeune singe au moment de son décès : environ seize mois. Adulte, il aurait pesé environ onze kilos. « Sa découverte montre que ce groupe était proche de l’origine des grands singes actuels et des humains et que cette origine se trouvait en Afrique », ajoute le chercheur.

Les fossiles se faisant de plus en plus rares, Alesi vient ici combler un manque, nous éclairant sur un pan obscur de l’histoire des ancêtres des primates. « Je n’aurais jamais pensé que cela se produirait de mon vivant », écrit Brenda Benefit, de l’Université du Nouveau-Mexique (États-Unis). « Ce qui fait tout l’intérêt de ce spécimen, c’est qu’on est à une période charnière de la diversification des grands singes, juste avant la colonisation de l’Europe et l’Asie par certaines espèces à partir de l’Afrique », relève de son côté Paul Tafforeau, coauteur de l’étude. « On se doutait que l’origine du groupe était en Afrique, mais ce fossile permet de montrer que l’évolution principale du groupe est bien restée sur ce continent. Cela invalide en grande partie une théorie dite du “ticket aller-et-retour”, c’est-à-dire le fait que le groupe des hominoïdes serait apparu en Afrique, aurait évolué en Asie et serait revenu en Afrique après ».

Nous ne pouvons pas affirmer définitivement que les singes modernes et les humains ont évolué directement à partir de cette espèce nouvellement découverte, mais les traits partagés avec les singes modernes rendent probable le fait qu’il s’agisse au moins d’un parent de l’ancêtre commun dont proviennent tous les singes existants (y compris les humains).

Source : SciencePost

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