Le « Tchernobyl flottant » russe n’existera bientôt plus

Tchernobyl flottant

La poubelle nucléaire russe du nord-ouest du pays, héritée de l’ex Union Soviétique, est actuellement démantelée. Les déchets nucléaires font l’objet d’une opération de nettoyage financée à hauteur de plus de 250 millions d’euros par une poignée de pays dont la France.

Dans l’extrême nord-ouest russe près de Mourmansk et de la frontière avec la Norvège, se trouve la base navale de Zapadnaïa Litsa qui à l’époque de l’URSS, était fermée aux étrangers. En effet, il s’agissait de la base nord de la flotte de sous-marins soviétiques, des engins très dépendants du combustible nucléaire tant au niveau de leur moteur que de leur armement.

Alors que cette base était abandonnée depuis quelques années avant la fin de l’URSS en 1989, une partie de cette zone, à savoir la baie d’Andreyeva, fait l’objet d’une grande opération sur une surface de deux hectares, où se trouve l’un des plus importants sites de stockage de combustible nucléaire usagé de Russie.

L’opération nettoyage, qui s’est fait attendre durant de longues années, a officiellement débuté le 27 juin 2017 où le bateau spécialement construit pour le transport de déchets est parti du site de stockage avec son premier chargement. Ceci a été possible grâce à Alexandre Nikitine, ancien officier de la marine qui se bat depuis les années 1990 pour le démantèlement de la flotte et le traitement des déchets nucléaires. Selon lui, le site de stockage est un véritable « Tchernobyl flottant ».

Ainsi, 22.000 assemblages de combustibles doivent à terme être acheminés vers le complexe nucléaire Maïak où ils seront traités, et ce après un voyage d’environ 3000 kilomètres. Il s’agit d’une victoire pour Alexandre Nikitine mais également pour Bellona, la fondation écologiste norvégienne qui s’est associée depuis longtemps à ce combat. Il faut savoir que la Norvège se sent assez concernée par le problème puisque sa frontière se trouve à peine à 50 kilomètres du site de stockage d’Andreyeva.

Cet été, le début de l’opération a été un soulagement pour de nombreux Russes dont évidement Alexandre Nikitine, qui avait été emprisonné en 1996 après avoir été accusé d’espionnage. En effet, l’intéressé avait rendu publiques des informations concernant la vétusté de la base, surtout après l’incident de 1982 intervenu dans une des piscines de stockage.

Le nettoyage du site devrait s’étaler sur plusieurs années alors que ce projet faramineux a été financé à auteur de 18 milliards de roubles (260 millions d’euros) par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et des pays comme l’Allemagne, le Canada, le Danemark, la Finlande, le Royaume-Uni, la Norvège ainsi que la France.

Sources : SciencePostLes ÉchosTribune de Genève

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