L’Autriche approuve une loi sur les logiciels espions pour infiltrer les plates-formes de messagerie cryptées


L’Autriche mise sur les logiciels espions comme bouclier national, jouant son âme numérique pour un sentiment de sécurité.

L’Autriche va de l’avant avec une législation qui autoriserait les forces de l’ordre à infiltrer les communications cryptées, marquant ainsi un tournant décisif dans les pouvoirs de surveillance du pays et suscitant un débat houleux sur la protection de la vie privée numérique.

L’approbation du projet par le cabinet fédéral intervient après des mois de négociations, les partisans invoquant les besoins en matière de sécurité nationale et les opposants mettant en garde contre les excès de pouvoir.

La loi proposée vise les plateformes de messagerie largement utilisées pour les communications privées, notamment WhatsApp, Signal et Telegram.

Elle introduit l’utilisation de logiciels espions, officiellement connus sous le nom de source TKÜ, qui permettraient aux autorités de contourner le chiffrement et de surveiller les conversations directement sur les appareils des suspects. Ce changement représente une escalade majeure dans les capacités de surveillance d’un pays qui est traditionnellement à la traîne de ses homologues européens en ce qui concerne les lois sur l’interception numérique.

Les partisans de cette mesure, comme le social-démocrate Jörg Leichtfried, qui supervise la Direction de la sécurité de l’État et du renseignement (DSN), l’ont présentée comme une stratégie préventive. « L’objectif est de faire en sorte que les personnes qui planifient des attaques terroristes en Autriche se sentent moins en sécurité et d’accroître le sentiment de sécurité de tous les autres. »

M. Leichtfried a qualifié l’approbation du cabinet d’« étape importante ».

Jusqu’à présent, les services de renseignement autrichiens dépendaient de partenaires internationaux, notamment le Royaume-Uni et les États-Unis, pour les avertir des menaces potentielles.

Selon les autorités, ce modèle n’est plus suffisant. Un de ces tuyaux étrangers a récemment aidé les autorités à déjouer un complot présumé visant un concert de Taylor Swift à Vienne, un cas désormais cité pour justifier l’élargissement des pouvoirs.

Le ministre de l’intérieur, Gerhard Karner, représentant du parti conservateur ÖVP, a qualifié l’initiative de surveillance d’essentielle pour faire face à l’évolution des menaces.

Il a assuré le public que l’utilisation serait strictement limitée. Selon M. Karner, un comité judiciaire composé de trois juges doit approuver toute demande de surveillance. Il est prévu de ne pas cibler plus de 25 à 30 personnes par an. Toute augmentation au-delà de ce nombre entraînerait l’obligation de présenter un rapport au parlement.

En dépit des objections exprimées, la coalition semble disposer des voix parlementaires nécessaires à l’adoption de la législation. Certaines dissensions internes restent tolérées, des sources du SPÖ les présentant comme le reflet de l’engagement de l’Autriche en faveur des mandats libres. Le vote final n’a pas encore eu lieu, mais les responsables ne prévoient pas d’obstacles majeurs.

Si elle est adoptée, l’infrastructure de surveillance sera déployée à partir de 2027, à la suite d’une procédure d’appel d’offres pour les outils de surveillance. Le ministre de l’intérieur, M. Karner, devrait présenter une ventilation officielle du plan de mise en œuvre dans les prochains jours.

Lire aussi : L’agence d’espionnage britannique utilise l’IA pour prédire si les personnes qui regardent des vidéos en ligne avec violence pourraient devenir des terroristes

Source : Reclaim The Net – Traduit par Anguille sous roche


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