Visite de Xi Jinping en France, l’Europe désunie en toile de fond

La visite sera l’occasion de signer des contrats commerciaux et des accords de coopération, mais aussi de discuter des règles du multilatéralisme alors que l’Union européenne n’a pas de ligne politique claire face à Pékin

Xi Jinping en France

Gouvernance mondiale, règles commerciales et respect de l’environnement seront notamment au menu. Le président chinois Xi Jinping entame lundi le volet officiel de sa visite en France, où Emmanuel Macron tentera de le persuader de jouer selon les règles d’un multilatéralisme mal en point et alors que les Européens sont divisés face à l’offensive diplomatico-commerciale de Pékin.

Le titan chinois est en train de changer la face du monde en investissant massivement un peu partout, notamment dans ses « nouvelles routes de la soie ». Emmanuel Macron aimerait cadrer ce bouleversement et trouver une position européenne commune pour y faire face. « Cette visite va renforcer notre partenariat stratégique et affirmer le rôle de la France, de l’Europe et de la Chine en faveur d’un multilatéralisme fort », a tweeté dimanche soir le président français, après avoir reçu son homologue à Beaulieu-sur-Mer, sur la Riviera française, où les deux hommes ont dîné en compagnie de leurs épouses dans le volet privé de la visite.

Angela Merkel et Jean-Claude Juncker également invités

Arrivé dimanche d’Italie, Xi Jinping, après un crochet par la principauté de Monaco, a passé la nuit dans le prestigieux hôtel Negresco de Nice et arrivera à Paris en début d’après-midi. Il sera formellement accueilli sous l’Arc de triomphe par Emmanuel Macron en début d’après-midi. La visite sera l’occasion, comme à chaque rencontre, de signer des contrats commerciaux ou autres accords de coopération. Les deux chefs d’Etat devraient s’exprimer devant la presse en fin d’après-midi avant un dîner d’Etat protocolaire.

Mais le volet le plus important de cette visite d’Etat se déploiera sans doute mardi matin, quand les deux dirigeants seront rejoints au palais de l’Elysée par la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

En effet, dans le panorama mondial, entre une Chine aux ambitions immenses et un Donald Trump partisan des négociations directes entre pays, le multilatéralisme est bien mal en point. L’Union européenne, gigantesque et appétissant marché, n’a pas de ligne politique claire face à Pékin et certains pays ont déjà commencé à céder aux propositions chinoises.

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