Facebook pense que la confidentialité sur les réseaux sociaux n’existe pas et qu’il n’y aurait pas de vie privée en ligne


L’ombre du scandale de Cambridge Analytica continue de planer sur Facebook et ce n’est peut-être pas près de finir.

Facebook aurait affirmé cette semaine que la confidentialité sur les réseaux sociaux n’existe tout simplement pas et que les gens ne devraient pas s’attendre à bénéficier d’une vie privée en ligne lorsqu’ils décident d’utiliser les médias sociaux. Ne dit-on pas que lorsqu’une chose est gratuite sur Internet, alors vous représentez la marchandise ? La confidentialité a été définie par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) comme « le fait de s’assurer que l’information n’est accessible qu’à ceux dont l’accès est autorisé », et est une des pierres angulaires de la sécurité de l’information.

La confidentialité est également un principe éthique associé à plusieurs professions de plusieurs domaines, en particulier dans l’informatique. Le respect de la confidentialité est également un enjeu important pour les métiers du social. En informatique, la confidentialité fait partie, avec l’intégrité, la disponibilité et la traçabilité (ou preuve) des quatre grands types d’exigence en matière de sécurité informatique (plus communément appelé DICP). Il est donc nécessaire, dans les projets informatiques, et particulièrement aujourd’hui dans les projets utilisant les technologies du Web comme les projets d’ingénierie des connaissances, de gestion de contenu, etc. de s’assurer que de telles règles sont respectées, en fonction du droit de l’informatique en vigueur dans chaque pays.

Cependant, si on y réfléchit, l’état d’Internet aujourd’hui ne permet pas de dire très exactement si elle existe encore et si oui, sous quelle forme. Facebook, alors que l’entreprise a annoncé dans le mois d’avril vouloir se réorienter vers le chiffrement et la confidentialité des données, elle vient peut-être de donner un avis totalement discutable sur le sujet. En effet, l’entreprise aurait déclaré cette semaine qu’il n’enfreignait pas les droits des utilisateurs en matière de protection de la vie privée, car ces derniers n’ont pas à s’attendre à la vie privée lors de l’utilisation des médias sociaux. Facebook ne considère pas la fuite de données occasionnée par Cambridge Analytica comme un outrage à la vie privée de ses utilisateurs, car, selon lui, elle n’existe pas sur les médias sociaux. « Il n’y a aucune atteinte à la vie privée du tout, car il n’y en a pas », a déclaré l’avocat de Facebook, Orin Snyder, dans le cadre d’une audience préliminaire en vue de classer une action en justice liée au scandale de Cambridge Analytica, selon la loi 360.

La société n’aurait apparemment pas nié que des tiers aient eu accès à des données de ses utilisateurs, mais elle a plutôt déclaré au juge du Northern District Court de Californie, Vince Chhabria, qu’il n’y avait « aucune attente raisonnable en matière de vie privée » sur Facebook ou sur tout autre site de média social. « Vous devez surveiller quelque chose avec soin pour avoir une espérance de vie privée adéquate », a continué l’avocat de la firme. L’argument juridique du réseau social vient au moment où il tente publiquement de convaincre les gens qu’il sait comment protéger leurs informations personnelles.

Plus tôt ce mois-ci, Sheryl Sandberg, directrice des opérations chez Facebook, a déclaré que son directeur général, Mark Zuckerberg, ferait tout ce qu’il faut pour assurer la sécurité des personnes sur Facebook. Pour elle, démanteler Facebook ou les autres géants des réseaux sociaux n’est pas la solution au problème de la vie privée sur ses plateformes. « Nous savons que sur Facebook, nous avons une réelle possibilité de faire mieux et de regagner la confiance des gens. Vous pouvez nous démanteler et vous pouvez également démanteler d’autres sociétés de technologie, mais vous ne répondez pas aux problèmes sous-jacents qui préoccupent les gens », avait-elle déclaré.

Cependant, sur cet argument de Facebook, le procureur n’entend pas clore le sujet aussi rapidement et compte laisser l’action en justice se poursuivre. Il a rappelé les propos de Mark Zuckerberg disant que l’avenir est privé et les récentes actions entreprises par Facebook pour garantir le chiffrement des données et la vie privée de ses utilisateurs. Pourquoi avoir entrepris toutes ces démarches si la vie privée sur les réseaux sociaux n’existe pas ou n’était-ce qu’un battage médiatique ?

Les appels visant à limiter le contrôle de Zuckerberg sur Facebook se sont multipliés, l’entreprise continuant de faire face à des problèmes, notamment liés à la sécurité et à la confidentialité des données. Facebook s’attend à une amende record de 5 milliards de dollars de la Federal Trade Commission pour son manquement présumé à la protection de la vie privée des utilisateurs. Pour l’heure, l’argument de Facebook semble ne pas avoir convaincu le juge et les assises à la Cour vont continuer, mais tout porte à croire que Facebook se mélange dans ses propres affirmations.

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Sources : Developpez.com par Bill FassinouLaw360

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