Étude rétractée : la modification génétique des premiers bébés CRISPR ne les condamnera pas à une mort prématurée


En novembre 2018, le scientifique chinois He Jiankui a annoncé qu’il avait modifié les gènes d’embryons humains, ce qui a entraîné la naissance des premiers bébés CRISPR-Cas9 (technique d’édition génétique, “copier/ coller”).

Comme si ce n’était pas assez choquant, l’expérience semble être devenue encore plus troublante environ 6 mois plus tard. C’est alors qu’une équipe de scientifiques de l’université de Californie à Berkeley a publié une étude affirmant qu’elle augmentait la probabilité que les jumeaux manipulés génétiquement meurent jeunes, prévision qui, heureusement, a maintenant été retirée/ rétractée.

Pour leur étude, l’équipe de l’université de Berkeley a analysé les données sur le génome et la santé dans l’énorme base de données de la Biobanque britannique, cherchant spécifiquement les personnes qui avaient la mutation delta-32 dans les deux copies de leur gène CCR5, la même mutation que He Jiankui a essayé de donner aux jumeaux dans son expérience de modification génétique humaine.

Les chercheurs ont découvert que les personnes ayant deux copies de la mutation étaient plus susceptibles que les autres de mourir avant l’âge de 76 ans. Ils ont également remarqué que la base de données contenait moins de personnes porteuses de la double mutation qu’elle n’aurait dû en avoir statistiquement, ce que les chercheurs ont considéré comme un autre signe que ces personnes étaient en train de mourir jeunes.

Cependant, d’autres scientifiques n’ont pas pu reproduire l’étude, et lorsqu’ils ont approfondi l’analyse des données, ils ont découvert des erreurs techniques dans la façon dont la Biobanque britannique identifie la mutation CCR5. Ces erreurs, à leur tour, ont conduit l’équipe de l’UC Berkeley à sa conclusion erronée que les personnes ayant deux copies de la mutation étaient 21 % plus susceptibles de mourir plus tôt que la moyenne de la population.

A la suite de ces nouvelles informations, l’équipe d’UC Berkeley a retiré son document le 8 octobre.

Selon Rasmus Nielsen, auteur principal de l’étude :

Je pense que j’ai la responsabilité de mettre les choses au clair pour le public. Il y avait des vérifications que nous aurions pu faire et que nous aurions dû faire et que nous n’avons pas faites.

Pourtant, bien que les bébés CRISPR ne mourront peut-être pas jeunes en raison de la manipulation de leurs gènes, ils pourraient éprouver un certain nombre d’effets secondaires imprévus, l’une des nombreuses raisons pour lesquelles le scientifique n’aurait jamais dû se lancer dans la modification génétique humaine dès le départ.

Annoncée dans Nature : Geneticists retract study suggesting first CRISPR babies might die early.

Lire aussi : Des scientifiques chinois disent avoir trouvé une alternative plus sûre à CRISPR

Source : GuruMeditation

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