Arabie saoudite : La coalition contre le terrorisme est symbolique et non substantielle

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Avec très peu de choses exigées de la part des membres et autant de divergence entre eux, les terroristes n’ont pas de raison de craindre l’alliance. L’alliance anti-terroriste annoncée par l’Arabie saoudite inspire la confiance seulement par son nom.

Depuis quelque temps, les États-Unis ont déploré l’absence d’états musulmans sunnites sur les lignes de front de la lutte contre ISIS; les Émirats arabes unis et la Jordanie ont suivi l’Arabie saoudite et ont tourné leurs objectifs vers la guerre (unanimement condamnée par les groupes de défense des droits humains) contre les chiites Houthis au Yémen. Peu d’analystes estiment que ce nouveau front de 34 pays musulmans va prendre l’initiative de faire face à la plus grave menace terroriste dans la région.

C’est un projet vain dirigé par le ministre de la défense et le vice-prince héritier Mohammed Ben Salman, qui cherche à renforcer la position du pays en tant qu’acteur régional. Le fait que l’Iran n’est pas parmi les invités témoigne de la volonté des saoudiens de contrer l’influence de leur ennemi chiite, mais avec 33 autres États sunnites à leurs côtés.

Comment ont été impliqués ces 33 États dans la procédure est une grande question. Il n’y avait pas de conférence pour définir les bases de la nouvelle alliance, et aucune ressource n’a été affectée par les membres, s’étendant du Tchad endetté à la Libye déchirée par la guerre.

Les États-Unis n’ont pas été informés de la création de l’alliance à l’avance – une indication supplémentaire que la projection de dirigeants saoudiens est susceptible d’être la motivation ici, au-delà d’un engagement militaire accru pour contrer le terrorisme ou quelque chose du genre qui défierait en effet ISIS.

Le prince Salman Ben a déclaré que l’alliance ne viserait “pas seulement” ISIS. Aucuns plans ou objectifs stratégiques n’ont été annoncés. L’option est laissée ouverte pour faire face à la dissidence politique du genre qui menace un grand nombre de membres plus despotiques de l’alliance. Avec si peu de choses exigées des membres, autant de divergence entre eux et avec un objectif si vague, les terroristes n’ont pas grand chose à craindre de la «coalition» de l’Arabie saoudite.

Source : The Independent

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