Ferrero, multinationale donneuse de leçons, exploiterait des enfants en Turquie


D’après des associations de protection des droits de l’Homme, 30% des noisettes utilisées par la marque italienne dans ses préparations viennent de Turquie, où perdure le travail des enfants.

Ferrero, qui s’était empressée, sous la pression des Sleeping Giants, de se retirer de la liste des annonceurs des émissions d’Éric Zemmour sur CNews et Paris Première, prend un retour de bâton. Car la marque qui pensait ainsi, en s’opposant à l’essayiste, inspirer auprès des consommateurs des valeurs progressistes et mondialistes, se retrouve ce lundi 23 décembre pointée du doigt par les associations des droits de l’Homme. L’entreprise est accusée de participer indirectement à l’exploitation de mineurs en Turquie, d’où provient 70% de la production mondiale de noisettes. Le média britannique The Guardian a mené l’enquête, bien aidé des ONG.

11 300 enfants âgés entre 6 et 14 ans exploités

Ferrero, de son côté, affirme exercer une « tolérance zéro » en ce qui concerne le travail des enfants. Mais le fait est que 30% de ses noisettes viennent de Turquie, premier producteur mondial, où des mineurs sont exploités pour un salaire de misère. En 2012, on décomptait 900 000 enfants travailleurs en Turquie, dont 11 300 âgés entre 6 et 14 ans, sachant que l’âge minimum pour travailler est de 15 ans. Parmi ces enfants, de nombreux jeunes réfugiés syriens.

Confrontée à ces informations, la marque italienne se dit « déterminée à prévenir et à éliminer le travail des enfants tout au long de nos chaînes d’approvisionnement ». Le problème est que Ferrero ne possède ni ne gère aucune ferme de noisettes en Europe. Les précieux fruits à coque arrivent par le biais de sociétés intermédiaires.

« Nous demandons à Ferrero de défendre un prix équitable »

Dans des entretiens filmés par l’ONG britannique WeMove Europe, consultés par The Guardian, on découvre le témoignage d’enfants âgés d’une dizaine d’années affirmant travailler jusqu’à 12 heures par jour dans la région de la mer Noire. La 3e plus grande entreprise de chocolat du monde dit avoir pour objectif 100% de traçabilité de ses noisettes d’ici 2020, mais arrive péniblement à 49% aujourd’hui. « La racine du problème est le prix que Ferrero paie pour ses noisettes », explique Giulio Carini de WeMove Europe. « Nous demandons à Ferrero de défendre un prix équitable pour les noisettes en Turquie afin de garantir aux travailleurs un revenu salarial et d’éliminer le travail des enfants ».

En 2018, 67 enfants et adolescents ont perdu la vie en travaillant, selon l’association Center for Child Rights. Ferrero, de son côté, a doublé ses ventes au cours de la dernière décennie. Elle réalisait en 2018 un chiffre d’affaires de 10,7 milliards d’euros.

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Source : Valeurs Actuelles


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