Plus de 140 nouveaux géoglyphes de Nazca ont été découverts


En 1927, les archéologues découvrent pour la première fois depuis les airs des représentations stylisées d’humains, animaux et objets de tailles variées (entre quelques dizaines de mètres et plusieurs kilomètres) tracées dans le sol du désert de Nazca, au sud du Pérou.

Appelées géoglyphes de Nazca, le but dans lequel elles ont été tracées par la civilisation de Nazca est encore inconnu. Récemment, une équipe d’archéologues a découvert 143 nouveaux géoglyphes, dont un grâce à l’intelligence artificielle. Cette découverte pourrait aider à mieux comprendre les fonctions des ces représentations.

Les scientifiques ont découvert plus de 140 nouveaux géoglyphes, connus sous le nom de géoglyphes de Nazca (ou lignes de Nazca) : un ancien et mystérieux groupe de personnages géants gravés dans le désert du sud du Pérou. Ces représentations massives et tentaculaires d’êtres humains, d’animaux et d’objets remontent parfois à 2500 ans et sont si imposantes qu’un grand nombre d’entre elles ne peuvent être identifiées que depuis les airs.

Des archéologues de l’Université japonaise de Yamagata rapportent qu’une étude à long terme menée depuis 2004 a permis de découvrir 143 géoglyphes de Nazca jusqu’alors inconnus, dont un personnage ayant échappé à la détection humaine et découvert par l’intelligence artificielle.

Géoglyphe humanoïde (environ 10 mètres de long). Crédits : Yamagata University

Des géoglyphes aux objectifs encore inexpliqués

Les géoglyphes récemment identifiés auraient été créés entre au moins 100 AEC et 300 EC. Bien que l’objectif de ces grands motifs inspirés de l’ancienne culture de Nazca reste controversé, la manière dont ils ont été fabriqués est connue des archéologues. « Toutes ces figures ont été créées en enlevant les pierres noires qui recouvrent la terre, exposant ainsi le sable blanc en dessous » explique l’équipe de recherche.

Géoglyphe représentant un oiseau (environ 100 mètres de long). Crédits : Yamagata University

Des hypothèses précédentes ont suggéré que le peuple de Nazca avait façonné les géoglyphes géants — dont certains mesurent des centaines de mètres de long — pour être vus par les divinités dans le ciel ou pour servir des objectifs astronomiques.

Dans la nouvelle recherche, dirigée par l’anthropologue et archéologue Masato Sakai, l’équipe a analysé l’imagerie satellitaire à haute résolution de la région de Nazca, a également effectué des travaux sur le terrain et a identifié deux types principaux de géoglyphes.

Deux types de géoglyphes aux fonctions potentiellement distinctes

Les géoglyphes les plus anciens (100 AEC), appelés type B, mesurent généralement moins de 50 mètres, tandis que les effigies légèrement plus récentes (100 et 300 EC), appelées type A, s’étendent sur plus de 50 mètres, avec le plus grand géoglyphe découvert par l’équipe mesurant plus de 100 mètres.

Les chercheurs pensent que les géoglyphes de type A, plus vastes, souvent en forme d’animaux, étaient des lieux rituels où les gens organisaient des cérémonies impliquant la destruction de divers vases en poterie.

Géoglyphe représentant un serpent à deux têtes (environ 30 mètres de long). Crédits : Yamagata University

En revanche, les motifs de type B, plus petits, étaient situés le long de sentiers et pourraient avoir servi de relais pour orienter les voyageurs — éventuellement vers un espace rituel de type A plus grand, dans lequel les gens se réuniraient. Certaines de ces conceptions de type B sont vraiment très minuscules, la plus petite des nouvelles découvertes mesurant moins de 5 mètres, ce qui rend difficile la découverte de ce type de lignes.

L’aide de l’intelligence artificielle dans la découverte des géoglyphes

À cette fin, dans le cadre d’une récente collaboration expérimentale ayant débuté en 2018 avec des chercheurs d’IBM, l’équipe a utilisé une intelligence artificielle de type Deep Learning développée par l’entreprise et fonctionnant sur un système d’analyse géospatiale appelé géoscope IBM PAIRS.

Géoglyphe humanoïde découvert par l’intelligence artificielle d’IBM (environ 4 mètres de long). Crédits : Yamagata University

Le réseau d’apprentissage — IBM Watson Machine Learning Accelerator (WMLA) — a passé au crible d’énormes volumes d’images de drones et de satellites, pour voir s’il pouvait repérer des marques cachées ayant un rapport avec les lignes de Nazca.

Le système a trouvé une correspondance : le contour délavé d’une petite figure de type humanoïde de type B, reposant sur deux pieds. Bien que la signification symbolique de cet étrange et ancien personnage ne soit pas encore claire, les chercheurs soulignent que le géoglyphe était situé près d’un chemin, ce qui en fait peut-être l’une des balises supposées.

Dans cette vidéo, IBM explique comment les chercheurs ont utilisé l’IA pour découvrir un des géoglyphes :

Lire aussi : Des chercheurs découvrent et corrigent des identités erronées des lignes de Nazca du Pérou

Source : Trust My Science

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