Les poulpes peuvent modifier leurs propres gènes, donc une révolution est probablement en cours de route

Vous ne savez peut-être pas ce que sont les céphalopodes coléoïdes, mais vous les avez certainement vus dans des vidéos virales. Il s’agit notamment de poulpes, qui peuvent ouvrir des pots de l’intérieur ; de calmars, qui peuvent communiquer en changeant de couleur, et de seiches, dont les talents de camouflage sont sans pareils. Ce sont les invertébrés les plus intelligents sur Terre, et les scientifiques viennent peut-être de comprendre pourquoi : Ils peuvent éditer leurs propres gènes.

Merci Dame Nature – On va s’en occuper à partir de maintenant

En 2017, des chercheurs ont rapporté dans la revue Cell que les poulpes, les calmars et les seiches ne suivent pas les ordres de leur ADN comme nous autres mortels. Au lieu de cela, ils font ce qu’on appelle une édition de l’ARN. Voici comment ça marche : Habituellement, l’ARN agit comme une sorte de messager et de copie de l’ADN – l’ADN transmet l’information génétique dans l’ARN, qui est par la suite utilisée pour aider à créer des protéines particulières dans les cellules. Mais chez ces animaux, cette information peut être changée en cours d’inteprrétation. Les enzymes peuvent remplacer certains nucléotides du code de l’ARN – vous les connaissez peut-être sous les lettres A, U, G et C – par d’autres, créant ainsi des protéines qui n’ont jamais été codées dans l’ADN. Comme le dit le New York Times, cela peut permettre à un organisme “d’ajouter de nouveaux rebondissements à son modèle génétique de base”.

Les scientifiques savaient déjà que cela se produisait – cela arrive même de temps en temps avec notre propre ARN – mais l’étude de 2017 a été conçue pour déterminer à quel point ces animaux se servaient de cette technique. La réponse ? Pour un tas de choses. Considérez ceci : Les humains ont 20 000 gènes, mais seulement quelques douzaines d’endroits où l’édition de l’ARN a lieu. Les calmars ont également 20 000 gènes, mais au moins 11 000 gènes sont actifs sur des sites d’édition d’ARN. Comme l’a dit Eli Eisenberg, biophysicien et co-auteur de l’étude à l’Université de Tel Aviv dans un communiqué de presse, “Avec ces céphalopodes, ce n’est pas l’exception. C’est la règle. La règle est que la plupart des protéines sont éditées.” La plupart de ces modifications se produisent dans le système nerveux des animaux, ce qui suggère que cela peut contribuer à leur intelligence effarante. Des recherches antérieures ont montré qu’il est possible qu’ils aient exploité cette interprétation de l’ARN pour s’adapter rapidement aux changements de température.

Bonnes et mauvaises nouvelles

Toutes les bonnes choses viennent avec un sacrifice. Les chercheurs ont également découvert que là où l’édition de l’ARN avait lieu, la mutation de l’ADN n’avait pas lieu. Puisque la mutation de l’ADN est la principale façon dont les organismes s’adaptent et évoluent pour mieux survivre et procréer, cette dépendance à l’édition de l’ARN ralentit considérablement l’évolution des céphalopodes coléoïdes. “Nous savons qu’il y a un prix à payer”, a dit Eisenberg. “Le prix ralentit l’évolution du génome… Les céphalopodes ont probablement choisi de faire ce pacte avec l’ARN plutôt que l’évolution du génome, et peut-être que les vertébrés ont fait l’autre choix – ils ont préféré l’évolution du génome à l’édition.”

Source : Curiosity.com – Traduit par Anguille sous roche

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