Armement : les exportations françaises vers l’Arabie saoudite en hausse de 50% en 2018

L’Arabie saoudite, mise en cause pour son rôle dans la guerre au Yémen, est le troisième client de la France en 2018 en matière d’armement. Les montants des contrats avec la monarchie wahhabite dans ce domaine ont d’ailleurs augmenté de 50% en un an.

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Alors que le gouvernement français a été pointé du doigt à plusieurs reprises pour ses liens commerciaux en matière d’armement avec l’Arabie saoudite, un rapport du ministère français des Armées au Parlement, rendu public le 4 juin, éclaire sur l’ampleur exacte des liens en question.

Le royaume wahhabite se révèle être le troisième client d’armement français en 2018 avec des prises de commandes (contrats signés et entrés en vigueur) proches d’un milliard d’euros en 2018 (dont un contrat pour des navires de type patrouilleurs supérieur à 500 millions). Soit une augmentation des prises de commandes de 50% par rapport à l’année précédente.

«Entretenir des relations économiques avec ces pays, c’est garder une prise sur des régions clés pour nos intérêts de sécurité, pour nos approvisionnements énergétiques»

Le Proche et le Moyen-Orient trustent deux places du podium et restent la première région d’exportation d’armement de la France, avec un peu plus de 50% des prises de commandes françaises. Le Qatar – environ 2,5 milliards d’euros en raison d’un gros contrat de 28 hélicoptères NH90 et d’un autre pour l’achat de 12 avions de chasse Rafale supplémentaires – reste numéro un. La Belgique (environ 1,1 milliard d’euros) est deuxième, ayant conclu un partenariat avec la France dans le domaine des blindés.

Florence Parly loue le «partenariat stratégique» de la France avec l’Arabie saoudite et le Qatar

Au total, les ventes d’armement français ont augmenté de 30% à 9,1 milliards d’euros en 2018.

Sur la période 2009-2018, l’Inde est le premier client de la France (avec une commande de 36 Rafale), devant l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Egypte et le Brésil.

Les livraisons à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis restent très controversées en France en raison de l’implication de ces deux pays dans la guerre au Yémen. Le conflit a causé la mort de dizaines de milliers de personnes depuis 2015, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

«Exporter des équipements, c’est dynamiser notre industrie de défense»

La France affirme détenir des assurances que les armements vendus à l’Arabie et aux Emirats ne sont pas utilisés contre des civils au Yémen et insiste sur l’importance du «partenariat stratégique» avec ces deux pays. «Entretenir des relations économiques avec ces pays, c’est garder une prise sur des régions clés pour nos intérêts de sécurité, pour nos approvisionnements énergétiques», souligne ainsi dans le rapport le ministre français des Armées Florence Parly. «Exporter des équipements, c’est dynamiser notre industrie de défense», fait-elle également valoir en rappelant que l’armement représente 13% des emplois industriels français, avec 200 000 postes.

Le gouvernement français a également suscité la controverse après la convocation par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) de plusieurs journalistes ayant enquêté et fait des révélations concernant l’utilisation d’armes françaises au Yémen.

Lire aussi : Des journalistes convoqués par la DGSI après des révélations sur l’usage d’armes françaises au Yémen

Source : RT France

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