Première mondiale : Naissance de “chiots éprouvettes” aux États-Unis

chiots-éprouvette

Sept chiots sont nés en juillet 2015 grâce à une fécondation in vitro. 33 ans après le premier bébé éprouvette humain, c’est au tour des chiens de pouvoir bénéficier de la FIV.

FIV. Les premiers chiots éprouvettes sont nés aux États-Unis, marquant, après des décennies d’échecs, le succès d’une procédure de fécondation in vitro (FIV) pour des chiens, déjà communément utilisée chez les humains depuis une trentaine d’années. Et les chiots sont en parfaite santé. Cette réussite, qui fait l’objet d’une publication mercredi 9 décembre 2015 dans la revue scientifique Public Library of Science ONE, ouvre la possibilité de préserver des espèces canines en danger d’extinction en utilisant des technologies d’édition génétique permettant d’éliminer des maladies héréditaires canines. Cela permet aussi de les étudier. La portée compte sept chiots nés en juillet, un mélange de beagle, une race de chien de chasse, de labrador et de cocker, a précisé Alex Travis, professeur de biologie de la reproduction à l’école vétérinaire de l’Université Cornell (Etat de New York), qui a dirigé cette expérience.

Difficultés de la FIV chez le chien

Au total, ce sont 19 embryons fécondés en laboratoire qui ont été transférés dans une chienne. “On a essayé depuis le milieu des années 1970 la fécondation in vitro avec des chiens mais sans jamais réussir“, rappelle Alex Travis. La difficulté s’explique par le fait que les cycles de reproduction des chiens sont différents des autres mammifères, rendant difficile la fécondation des ovocytes. Grâce à la technique développée pour surmonter ces difficultés, les chercheurs sont parvenus à un taux de succès de fécondation in vitro de 80 à 90%, précise le professeur Travis. Un autre obstacle pour les chercheurs a été la congélation des embryons, ce qu’ils ont pu maîtriser dès 2013. Congeler les embryons permet de les insérer dans l’oviducte de la chienne (l’équivalent des trompes de Fallope chez les humains) au moment le plus propice de son cycle de reproduction, qui ne survient qu’une ou deux fois par an, expliquent-ils.

ESPOIRS. Les chiens partagent plus de 350 maladies héréditaires et traits avec les humains et presque deux fois plus de gènes que toutes les autres espèces animales. De ce fait, souligne le professeur Travis, “les chiens offrent un outil puissant pour comprendre les fondements génétiques des maladies” humaines. Par exemple, de nombreux chiens souffrent de myélopathie dégénérative, une maladie génétique provoquant une paralysie progressive, l’équivalent chez l’humain de la maladie de Charcot. Trouver un remède pour les chiens revient donc à un trouver un pour l’humain, et inversement. De plus, selon le Pr. Travis, cette avancée a aussi des retombées plus étendues pour les efforts de conservation des espèces canines sauvages. “Nous pouvions déjà congeler et préserver le sperme et l’utiliser pour l’insémination artificielle. On savait aussi congeler les ovocytes mais sans maîtriser la fécondation in vitro, nous ne pouvions pas les utiliser“, a expliqué Alex Travis. Ainsi, “nous pouvons désormais utiliser cette technique pour conserver le patrimoine génétique des espèces en danger d’extinction et le perpétuer“.

Les chiots nés via la technique de la FIV (en Anglais) :

Source : Sciences et Avenir – Image : ©Mike Carroll, Cornell University College of Veterinary Medicine

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