Facebook a volontairement planifié l’espionnage des utilisateurs

C’est ce que révèlent de nouveaux emails confidentiels de la direction

Il semble que l’année 2019 ne sera pas de tout repos pour le réseau social à 2 milliards d’utilisateurs qui a fait l’objet de plusieurs accusations l’année dernière, notamment, de n’avoir pas suffisamment protégé les données de ses utilisateurs et de n’avoir pas empêcher la diffusion des fausses nouvelles et la désinformation de tout genre sur sa plateforme numérique. Déjà nous sommes en début d’année que des nouvelles qui ne sont pas faites pour favoriser l’augmentation du nombre de membres du géant des réseaux sociaux déferlent sur la toile mondiale.

Les nouveaux documents publiés vendredi qui semblent être des communications internes confidentielles entre les hauts responsables de Facebook, dont Mark Zuckerberg, apportent un nouvel éclairage sur le traitement des données des utilisateurs par l’entreprise. Selon les documents divulgués, Facebook prévoyait, non seulement, d’utiliser une application Android développée par son équipe projet pour suivre la localisation de ses utilisateurs à partir de leur téléphone mobile, mais également, de transmettre des données sur les utilisateurs de Facebook à des sociétés qui vendent des services de rencontres ainsi qu’à des organisations qui souhaitaient les cibler avec des publicités « politiques ».

facebook espionnage

Déjà qu’il est impossible de supprimer l’application Facebook préinstallée de certains smartphones Samsung, selon un rapport de Bloomberg publié en janvier, voici maintenant que des documents confidentiels révèlent que Facebook avait prévu se livrer un jeu d’espionnage sur lequel les utilisateurs n’ont aucune information. En ce qui concerne l’application Facebook préinstallée, un porte-parole de Facebook et Samsung ont déclaré que désactiver l’application, c’est comme la supprimer. Espérons que ça marche.

Environ 60 pages de documents liés au procès entre Facebook et Six4Three, un développeur d’applications, ont été publiées anonymement sur GitHub le vendredi. Ils comprennent des courriels entre divers dirigeants de Facebook, y compris le PDG Mark Zuckerberg, et une note de service « hautement confidentielle » de 2012 détaillant diverses questions de politique de la société.

Leur divulgation intervient à la suite de la publication du rapport critique d’enquête du comité du numérique, de la culture, des médias et du sport (DCMS) du Parlement britannique présidé par Damian Collins. Ce comité était chargé d’enquêter sur Facebook concernant les fausses nouvelles et la désinformation propagées sur sa plateforme. Le rapport d’enquête qui n’a pas été tendre avec Facebook demande la mise en place d’un régulateur indépendant chargé de superviser Facebook et d’autres sociétés de médias sociaux. Le rapport a par ailleurs comparé le réseau social à « un gangster numérique » qui se place « au-dessus des lois ».

Le DCMS avait saisi une mémoire cache de ces documents lors d’un voyage d’affaire au Royaume-Unis de Ted Kramer, fondateur de Six4Three, et avait publié en décembre dernier plus d’une centaine de pages malgré l’ordonnance de non divulgation du tribunal de la Californie qui avait scellé les documents.

Que révèlent les nouveaux documents confidentiels divulgués ?

Rien qui puisse encourager à continuer à utiliser les applications Facebook. Dans un mémo de 8 pages, marqué « hautement confidentiel », qui semble être une note de service de juillet 2012 de Marne Levine, vice-présidente de la politique publique mondiale de Facebook à l’époque, se trouve exposés des plans fascinants de collecte de données sur les téléphones Android. « Nous allons collecter les données de localisation des utilisateurs et les comparer avec les identifiants des sites cellulaires. Ces informations seront stockées sous une forme anonyme, mais nous permettront de déployer des produits avec des fonctionnalités de localisation téléphonique à l’avenir. », a-t-elle écrit.

Les courriels de Mme Levine, l’actuel chef des opérations d’Instagram, ont révélé également que Facebook avait modifié ses politiques pour permettre aux annonceurs de cibler plus facilement les célibataires sur Facebook, notamment en leur offrant des publicités « politiques » via une interface libre-service. « Nous avons révisé notre politique pour permettre aux annonceurs de cibler les utilisateurs qui n’ont pas indiqué qu’ils sont « mariés » ou « en couple » (au lieu de cibler uniquement les utilisateurs « célibataires ») », a-t-elle écrit. « Cette capacité de ciblage n’est actuellement disponible que pour les services de rencontre, mais l’équipe des produits publicitaires travaille à l’étendre à d’autres secteurs verticaux (comme la politique) et à la rendre disponible via le libre-service. »

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Les revenus financiers étaient l’un des motifs de ces manœuvres politiques de Facebook, selon une autre section de la note de service. Dans un de ses courriels, Levine a fait référence à un autre projet en le décrivant comme un « assouplissement de la politique », qui devrait augmenter les revenus de Facebook. « Il s’agit d’une grande victoire spécialement pour le secteur de rencontre, mais elle soutient également nos efforts pour examiner les « bonnes » opportunités de revenus résultant de l’assouplissement/changements des politiques, » écrit-elle.

Les documents montrent également que Facebook prévoyait aussi d’utiliser son application Android pour obtenir des renseignements concurrentiels sur les entreprises concurrentes. « L’équipe de croissance souhaite commencer à collecter certaines informations limitées sur la question de savoir si les utilisateurs ont un app store non compatible avec Google et quelles applications par défaut ils utilisent pour certaines fonctions Facebook (appareil photo, messages, etc.) à des fins d’analyse concurrentielle et d’amélioration de produit. », a écrit Mme Levine. « L’équipe de protection de la vie privée travaille avec l’équipe pour déterminer les meilleures solutions de rechange pour recueillir ces renseignements tout en minimisant les risques liés à la politique », a-t-elle ajouté dans le courriel.

Le cache de courrier fait une autre révélation qui semble faire référence d’importes atteintes à la vie privée qui ont été camouflées par les responsables de Facebook. Dans un courriel, l’ancien vice-président de Facebook, Michael Vernal, a averti par e-mail, en octobre 2013, qu’un problème avec « Login V4 » aurait pu être « presque fatal » pour la plateforme Facebook, Login et autres projets technologiques. « Si Mark avait accidentellement divulgué ses gains à l’avance parce qu’une application de la plateforme violait sa vie privée… littéralement, cela aurait été fatal pour Login / Open Graph / etc », a-t-il écrit.

Il a ensuite exhorté tout le monde dans le fil d’instruction à garder l’incident confidentiel, en écrivant : « Je veux qu’on y donne suite et qu’on y réponde de toute urgence, mais je ne veux pas que cette histoire se répande à l’intérieur de Facebook ou à l’extérieur de ce fil d’instruction. Je ne peux pas vous dire à quel point cela aurait été terrible pour nous tous si cela n’avait pas été arrêté rapidement ».

Dans une autre section de la note, Levine détaille les efforts déployés par divers dirigeants et employés de Facebook pour obtenir la faveur des politiciens du monde entier. Entre autres choses, Levine célébrait, dans un courriel, une rencontre entre le général Martin Dempsey, alors président des chefs d’état-major interarmées, et Sheryl Sandberg, l’actuelle directrice des opérations de Facebook.

Toutefois, il semble que le géant des réseaux sociaux ne s’en sortira plus pendant longtemps. Facebook vient de se faire épingler par les parlementaires britanniques. Le rapport d’enquête de 108 pages, qui a nécessité dix-huit mois d’enquête, l’audition d’au moins de 73 témoins et plus 4 350 questions posées, a été publié le lundi dernier. Le rapport prévoit des mesures pour mettre fin à certaines pratiques de Facebook, voire des plateformes numériques.

Lire aussi : Les 7 plus grandes révélations de l’énorme avalanche d’emails Facebook qui vient de fuiter

Sources : Developpez.com par Stan AdkensThe Guardian, Tweet

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