Zuckerberg appelle à une régulation de l’Internet pour la protection de la vie privée

Serait-ce une tentative pour détourner le blâme de Facebook ?

Zuckerberg vie privée

Alors qu’il ne passe presque plus un mois sans que le nom de Facebook ne soit cité dans un scandale ou une affaire de violation de données, Mark Zuckerberg cherche désormais à tourner la page et redonner un nouveau visage à son entreprise. Le PDG de Facebook semble militer depuis peu maintenant pour la protection de la vie privée sur Internet par quelque moyen que soit. Selon certains, c’est le but premier que poursuit Zuckerberg lorsqu’il a émis l’idée d’unifier les trois principales plateformes de communication de l’entreprise notamment Whatsapp, Messenger et Instagram. Dans un éditorial adressé au Washington Post, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook a fait une déclaration selon laquelle les gouvernements doivent s’investir et collaborer d’avantages avec les entreprises pour une bonne régulation de l’Internet.

En effet, depuis Cambridge Analytica, l’on pourrait être amené à dire que l’entreprise n’a plus fait l’objet de critiques positifs. Le réseau social a essuyé scandale après scandale, procès sur procès, et la mise en vigueur du RGPD ne l’a pas épargné non plus. En novembre 2018, un sondage réalisé auprès de plusieurs groupes de citoyens a révélé que Facebook était devenu à l’époque l’entreprise de technologie la moins fiable en matière de protection de données personnelles. Seulement 22 % des Américains lui faisaient encore confiance et le réseau social était devenu de moins en moins un endroit fréquentable. De plus, au début du mois de mars, Axios Harris Poll 100 qui classe la réputation des entreprises les plus visibles et les plus réputées aux États-Unis a également rangé l’entreprise parmi les entreprises ayant les plus mauvaises réputations en Amérique et serait une entreprise pas du tout fiable.

Cela prouvait encore une fois de plus que la réputation de l’entreprise est surtout entachée sur la base des nombreux scandales et controverses liés à son nom. Dans le même temps, le classement Axios Harris Poll 100 a présenté Microsoft comme l’entreprise jugée la plus fiable avec une très bonne réputation par les Américains concernés par le sondage. La firme de Redmond occupait la neuvième place du classement. Les récents propos de Zuckerberg laissent croire qu’il veut tourner cette sombre page de l’histoire de son entreprise et se repositionner à nouveau comme une entreprise en laquelle on peut avoir confiance surtout pour ce qui est de la protection des données personnelles. L’une de ces premières décisions dans ce sens semble être celle d’unifier les grandes applications de communication de l’entreprise. Même si cette décision lui a coûté le départ de plusieurs de ses grands collaborateurs, aucune nouvelle ne notifie que Zuckerberg a changé d’avis sur le sujet. Faut-il vraiment croire que Facebook peut pratiquer comme cela se doit la politique de la protection des données à caractère personnel ?

Pour le moment, il s’agit bien d’une des nombreuses ambitions de Mark Zuckerberg. « Zuckerberg semblait attaché à la protection de la vie privée en proposant ces changements, même s’il fait face à une dissidence extrêmement forte. L’attache serait forte à un tel point qu’il est prêt à perdre des cadres exceptionnels qui ne sont pas d’accord avec cette orientation », a déclaré Ben Horowitz, associé chez Andreessen Horowitz avec Marc Andreessen, un investisseur en capital de risque qui siège au conseil d’administration de Facebook. Il a fait cette déclaration après l’annonce selon laquelle Chris Cox et d’autres cadres de Facebook quittaient l’entreprise le mois passé.

Pourquoi Zuckerberg milite-t-il pour une régulation de l’Internet ?

Dans son éditorial, le fondateur de Facebook a évoqué qu’il était temps de déployer de nouvelles mesures dans quatre domaines essentiels notamment la diffusion de contenus violents et haineux, l’intégrité des élections, la protection de la vie privée et la portabilité des données. À cela, il ajoute que l’un des rôles majeurs va revenir aux gouvernements et aux services de régulation. « Je suis convaincu que les gouvernements et les régulateurs doivent jouer un rôle plus actif. Faire évoluer la régulation d’Internet nous permettra de préserver ce que l’Internet a de meilleur c’est-à-dire la liberté d’expression pour les personnes et l’opportunité pour les entrepreneurs de créer et de vendre. Les décideurs publics me disent souvent que nous avons trop de pouvoir en matière d’expression, et franchement, je suis d’accord. J’ai fini par croire que nous ne devrions pas prendre autant de décisions concernant la liberté d’expression », a déclaré le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg. Zuckerberg est-il en train de reconnaître la superpuissance des GAFA et invite donc les gouvernements à s’intéresser plus à leur métier ?

Que propose-t-il pour la régulation de l’Internet ?

Il propose la création d’un organisme indépendant pour surveiller, analyser ou simplement contester les choix des réseaux sociaux. Comme une autre alternative à cette dernière proposition, il évoque l’idée de confier à des organismes tiers le soin de définir les standards sur la diffusion de contenus violents et haineux et évaluer les entreprises sur la base de ces standards. « Les sociétés Internet devraient être responsables de l’application des normes relatives aux contenus préjudiciables. Il est impossible de supprimer tout le contenu préjudiciable d’Internet lorsque des utilisateurs utilisent des dizaines de services de partage différents, tous dotés de leurs propres politiques et processus. Si l’on analyse la chose ainsi, nous avons besoin d’une approche plus normalisée », a ajouté Mark Zuckerberg.

Dans le rang des internautes, les avis sont bien évidemment partagés. Il y a ceux qui voient venir une nouvelle ruse de la part du géant des réseaux sociaux et ceux qui pensent qu’il a raison de proposer ces mesures et d’inviter le gouvernement à collaborer avec les entreprises de données. « Je pense que l’intention de Zuckerberg est de résoudre le véritable problème (celui concernant la vie privée). Facebook a un mauvais bilan en matière de vie privée et prend activement des mesures pour y remédier », a déclaré l’un d’eux.

Pour d’autres, Facebook a une autre idée derrière la tête pour ce qui concerne la protection de la vie privée. L’entreprise vie des données donc elle cherche une manière plus simple et légale de s’en procurer, disent-ils. « Ils font pression contre les lois sur la protection de la vie privée. Dans quel but ? Personne ne le sait. Ils créent des profils fantômes et rendent difficile, voire impossible, la suppression de votre compte », déclarent-ils. Pour les autres mesures, ils soulignent qu’il serait difficile de les mettre en application. Selon eux, le contenu préjudiciable est difficile à gérer, car vous avez la liberté de parole ou vous ne l’avez pas.

Ils estiment que juger le contenu est une pente glissante que chaque génération avant nous a mise en garde. Pour ce qui est de l’intégrité des élections, ces derniers pensent qu’il ne s’agit là que d’une hystérie médiatique. « Personne ne force personne à voter d’une manière particulière », déclarent-ils. Enfin, selon eux, la portabilité des données est toujours bonne pour les consommateurs. « Je ne pense pas que quiconque puisse s’opposer à cela », a écrit en commentaire l’un d’eux.

Lire aussi : Zuckerberg détient plus de données sur les activités en ligne des gens que n’importe qui d’autre dans le monde

Sources : Developpez.com par Bill FassinouReuters, Washington Post

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