Café ou Thé : votre préférence réside dans vos gènes


C‘est un débat passionné, avec des gens passionnés des deux côtés, mais les scientifiques pourraient amener un participant inattendu à la table des discussions : la génétique.

Plus de 2,25 milliards de tasses de café sont consommées chaque jour dans le monde, et le thé n’est pas en reste non plus. Pourtant, bien que les deux boissons semblent très populaires auprès de leurs groupes de consommateurs (qui se chevauchent parfois), il y a souvent un fort désaccord entre les deux camps. Bien qu’il y ait évidemment une forte composante culturelle à cette préférence personnelle, la génétique pourrait aussi jouer un rôle.

Essentiellement, qu’il s’agisse d’un buveur de café ou de thé, la présence ou l’absence de gènes clés qui façonnent le goût des saveurs amères peut être liée à ce phénomène. Si vous y pensez, apprécier des choses amères (comme le café) semble un peu illogique. Après tout, la principale fonction de l’amertume est d’envoyer un signal qu’il pourrait y avoir des substances nocives, alors pourquoi aimons-nous cela ?

Selon la nouvelle étude, les personnes qui aiment le café sont plus sensibles au goût amer, ce qui semble contre-intuitif, mais les chercheurs estiment que cela se produit parce que les buveurs de café associent le goût amer avec la récompense de la stimulation que ce dernier apporte.

Selon Marilyn Cornelis, professeure adjointe de médecine préventive à la faculté de médecine Feinberg de l’université Northwestern (Illinois/ États-Unis) :

On s’attendrait à ce que les gens qui sont particulièrement sensibles au goût amer de la caféine boivent moins de café. Les résultats opposés de notre étude suggèrent que les consommateurs de café acquièrent un goût ou une capacité à détecter la caféine en raison du renforcement positif appris (c.-à-d. la stimulation) provoqué par la caféine.

Le café et le thé (du moins certain type de thé) contiennent tous deux de la caféine au goût amer, mais le café contient une autre molécule amère : la quinine, communément trouvée dans l’eau tonique. Différentes molécules amères sont liées à différents gènes récepteurs du goût, et Cornelis et ses collègues de l’université du Queensland en Australie ont voulu étudier le lien entre ces gènes du goût et la consommation de café.

Ils ont analysé des données sur 430 000 hommes et femmes âgés de 37 à 73 ans au Royaume-Uni, et il ont constaté que les personnes ayant des variantes génétiques qui leur donnent un goût plus prononcé à la caféine étaient 20% plus susceptibles d’être de grands buveurs de café (plus de 4 tasses par jour). Une corrélation similaire a été rapportée chez les grands buveurs de thé.

Selon Daniel Liang-Dar Hwang, un des auteurs de l’étude :

Comme la caféine contribue non seulement à l’amertume du café, mais aussi à sa force et à sa texture perçues, les personnes qui sont plus aptes à détecter la caféine peuvent le trouver plus agréable et savoureux. En revanche, les personnes qui portaient les récepteurs du goût amer de la quinine ou de la PROP buvaient moins de café et plus de thé. Par rapport à une personne moyenne, chaque copie supplémentaire du gène du récepteur de la quinine ou du gène récepteur PROP était liée à une augmentation de 9 % ou 4 % de la probabilité d’être un grand buveur de thé (> 5 tasses de thé par jour).

L’étude publiée dans Scientific Reports : Understanding the role of bitter taste perception in coffee, tea and alcohol consumption through Mendelian randomization et présentée par les chercheurs dans The Conversation : Why you like coffee, and I choose tea – it’s in the genes.

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Source : GuruMeditation

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