Nouvelle faille de sécurité de l’Intel ME !


Pour la troisième fois cette année, Intel vient d’annoncer une nouvelle série de failles  qui touche son système Management Engine. Pour rappel, l’Intel Management Engine est basé sur un coprocesseur indépendant et un firmware (basé sur le microkernel MINIX  comme s’en émouvait son créateur, Andrew S. Tanenbaum, qui interpellait il y a quelques jours  Brian Krzanich pour le manque de courtoisie de la société).

Ce système fait ainsi tourner un certain nombre de modules , certains optionnels et livrés avec certains modèles de chipset uniquement (comme les fonctionnalités iAMT qui visent la gestion des parcs informatiques d’entreprise), d’autres non (la validation du processeur, chipset et microcode par exemple, ou des vecteurs d’implémentation de DRM comme le PAVP  et SGX). Le propre du ME est d’être fonctionnel en permanence (du moment que la carte mère est alimentée), d’avoir un accès total au système et de ne pas être désactivable par l’utilisateur, ce qui en fait un vecteur d’attaque particulièrement dangereux en cas d’accès au kernel MINIX.

Intel ME

Un tweet  il y a deux semaines de cela avait montré une faille de la sorte avec un accès complet obtenu en mode local via un port USB. Cette faille est l’une de celle corrigée aujourd’hui par Intel dans sa mise à jour  (il y en a d’autres dont une avec accès distant mais qui nécessite une authentification locale, même si elles sont jugées moins importantes). Contrairement à certaines failles pointées plus tôt qui ne touchaient que les systèmes utilisant les modules AMT, cette faille touche tous les systèmes Intel à partir de la génération Skylake (ME version 11) qui sont donc tous potentiellement vulnérables (l’implémentation actuelle présentée requiert l’activation du mode USB DCI dans le BIOS).

Pour pouvoir s’en prémunir, il faudra passer par une mise à jour de BIOS (certaines mises à jour de BIOS peuvent inclure une mise à jour du ME, quelque chose de généralement optionnel sur la plupart des cartes mères modernes qui vous proposent d’effectuer une mise à jour simple, ou également du ME), et donc qu’un BIOS existe pour sa plateforme ce qui ne sera pas le cas des plus anciennes qui ne sont plus supportées (par Intel ou les constructeurs de cartes mères). Tout au plus, Intel fourni un outil pour détecter la version du ME.

A défaut, ces utilisateurs pourront regarder du côté de me_cleaner  qui tente de limiter au maximum la taille du firmware en désactivant la plupart des modules de l’IME, tout en gardant à l’esprit que cela ne résoudra pas la totalité des failles (comme la faille USB ci-dessus).

Ces failles de sécurité à répétition montrent les craintes légitimes que l’on peut avoir sur ce système implémenté par Intel sur toutes ses plateformes et le côté quelque peu trivial avec lequel le constructeur adresse les failles qui le touche. Contrairement au microcode des CPU, diffusable à grande échelle par Intel via des mises à jour de BIOS mais aussi des mises à jour des systèmes d’exploitation, la mise à jour du ME est beaucoup plus complexe. Elle requière au minimum la collaboration de deux acteurs, Intel et un OEM (dont les pratiques de suivi des mises à jour peuvent être variables, particulièrement dans le monde des PC portables), ainsi qu’une action non triviale de l’utilisateur. Ce n’est pas une pratique que l’on peut légitimement accepter pour un tel niveau de criticité.

Il faut enfin noter que si Intel est pointé (une nouvelle foi et à raison) du doigt, en grande partie par son obscurantisme durant des années sur les capacités réelles de l’IME, les dernières plateformes d’AMD disposent aussi d’un système équivalent, et pas plus documenté (on sait tout au plus qu’il s’agit d’une implémentation/variante du Trustzone d’ARM ) via son PSP  qui n’est pas non plus désactivable.

Source : HardWare.fr

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