Le président du CERN affirme que la Chine peut construire le plus grand collisionneur de hadrons du monde


Le président du CERN soutient le projet chinois de construction du plus grand collisionneur et fait l’éloge des progrès scientifiques de la Chine, dans un contexte de débat sur le financement et les besoins.

Le LHC en 2018. (Maximilien Brice/Julien Marius Ordan/CERN)

Depuis près de dix ans, la Chine discute de la possibilité de construire le plus grand collisionneur du monde. Récemment, Eliezer Rabinovici, éminent physicien de l’université hébraïque de Jérusalem et actuellement président de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), s’est joint au débat sur la possibilité pour la Chine de construire le plus grand collisionneur de tous les temps.

Lors d’une récente visite en Chine, M. Rabinovici s’est dit fermement convaincu de la capacité de la Chine à se lancer dans une entreprise aussi ambitieuse, affirmant que « les scientifiques chinois peuvent construire cette machine ».

La déclaration de Rabinovici rend encore plus important l’objectif de la Chine de dépasser les records actuels en matière d’accélérateurs de particules.

C’est ainsi que nous pouvons parler du projet CEPC de 36 milliards de yuans (5 milliards de dollars) proposé par la Chine, qui a attiré l’attention du monde entier. Prévu pour être une « usine à Higgs », cet énorme collisionneur serait bien plus grand que le Grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN, avec une circonférence massive de 100 km.

Chine : Débat sur la nécessité d’un collisionneur

En générant des millions de bosons de Higgs par le biais de collisions à haute énergie, ce projet vise à découvrir de nouvelles informations sur la physique des particules comme jamais auparavant. Le projet est dirigé par Wang Yifang, qui a également travaillé avec le lauréat du prix Nobel Samuel Chao Chung Ting au CERN.

Toutefois, le projet CEPC a suscité un débat au sein de la communauté scientifique chinoise. Le légendaire physicien Yang Chen-Ning, lauréat du prix Nobel, s’est prononcé contre le projet, exprimant des doutes sur la nécessité de construire un supercollisionneur, suggérant que ce n’était pas une priorité pour la Chine à l’époque. Selon lui, la nation devrait plutôt se concentrer sur des questions urgentes telles que la croissance économique et la préservation de l’environnement.

Mais M. Rabinovici n’est pas d’accord et affirme que M. Yang, comme beaucoup d’autres, « a sous-estimé les capacités qui existent ici en Chine ».

« Au fil des ans, de nombreux physiciens chinois ont travaillé au CERN et ont acquis des connaissances et de l’expérience. Ces personnes sont très compétentes », a ajouté M. Rabinovici.

Le président du CERN a également indiqué que le projet CEPC bénéficie du soutien de milliers de scientifiques du monde entier, y compris des États-Unis et de l’Europe, qui « croient fermement qu’il s’agit d’un bon projet qui vaut la peine d’être réalisé ».

Qualifiant le projet de « puits sans fond », M. Yang a également souligné qu’il « réduirait le financement d’autres questions sociales urgentes et d’autres domaines scientifiques ».

Un autre physicien a toutefois exprimé son désaccord, affirmant que la Chine disposait de suffisamment d’argent pour le projet. Le véritable défi consiste à utiliser les fonds scientifiques à bon escient. Il pense que beaucoup d’argent est déjà gaspillé dans différents projets.

Le projet chinois de CEPC

Dans une interview accordée en mars au Global Times, Wang a souligné que si le CEPC pouvait faciliter la recherche de milliers de scientifiques pendant de nombreuses années, le coût moyen ne serait pas excessif.

Alors que le projet CEPC attend la décision finale du gouvernement, Wang Yifang, qui est également directeur de l’Institut de physique des hautes énergies, est optimiste quant au projet et a indiqué que la construction devrait commencer dans trois ans, marquant ainsi un grand pas en avant pour la science en Chine.

Il convient de mentionner que le rapport de conception technique du CEPC, élaboré par plus de 1 000 scientifiques de 24 pays sur une période de cinq ans, a été bien accueilli au niveau international et par la communauté des physiciens lors de sa publication en décembre.

Lire aussi : Un énorme collisionneur de hadrons de nouvelle génération proposé pour chasser l’univers sombre

Source : Interesting Engineering – Traduit par Anguille sous roche


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