Nous avons perdu 60 % de la faune vertébrée sur Terre au cours des 40 dernières années

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a publié son dernier résumé de l’état de la biosphère terrestre. Vous n’avez pas besoin de titres déprimants pour vous dire que ce n’est pas rempli de bonnes nouvelles.

Entre 1970 et 2014, les populations de vertébrés ont diminué en moyenne de 60 %. La situation des animaux d’eau douce est encore pire, avec des baisses d’environ 83 %. Les déchets plastiques sont en hausse. La déforestation l’est aussi. Nous devons agir, dit l’organisation.

“Il est temps que le monde se mobilise pour parvenir à un accord mondial urgent, ambitieux et efficace pour la nature, comme le monde l’a fait pour le climat à Paris en 2015”, dit l’appel du WWF dans le Rapport Planète Vivante 2018.

Si l’on met de côté les arguments sur la question de savoir si l’Accord de Paris est un moyen efficace de lutter contre le changement climatique, il est clair qu’il faut faire quelque chose pour éviter une catastrophe environnementale continue.

Tous les deux ans, le WWF examine les tendances qui résument la santé générale des écosystèmes dans le monde et les utilise pour évaluer six indicateurs qui décrivent la résilience de l’écologie mondiale.

Il s’agit d’estimer les changements dans la taille des populations, l’étendue des habitats des espèces, les risques d’extinction, la biodiversité, l’habitabilité humaine à l’intérieur des limites planétaires et l’impact de notre propre empreinte écologique.

En plus des évaluations sur chacun de ces domaines, le rapport est rempli d’anecdotes déprimantes.

Saviez-vous, par exemple, que les tendances actuelles pourraient faire en sorte que moins de 10 % des terres de la planète soient libres de tout impact humain d’ici 2050 ?

Saviez-vous également que l’on estime que 90 % des oiseaux de mer du monde ont des fragments de plastique dans l’estomac, comparativement à 5 % en 1960 ?

Il est facile de se laisser submerger par l’ampleur des chiffres, surtout lorsqu’ils nous rappellent à quel point nous dépendons de la biodiversité comme source d’inspiration alimentaire, pharmaceutique et de séquestration du carbone.

Pour tenter de chiffrer les contributions écologiques sur le plan économique, quelque 125 000 milliards de dollars par an dépendent de ressources naturelles saines.

En fin de compte, de tels chiffres ne démontrent guère l’ampleur des impacts économiques que le déclin des populations et la diminution de la biodiversité ont sur les communautés du monde entier.

Ce chiffre choquant de 60 % de perte d’espèces sauvages est une moyenne mondiale. Certains s’en tireront mieux que d’autres, ce qui en fera une question politique au même titre que le commerce et l’immigration. Sous les tropiques, les chiffres sont particulièrement mauvais, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale ayant connu une baisse de 89 % entre 1970 et 2014.

L’un des indicateurs du rapport décrit les limites de la planète – des zones de sécurité définissant les limites des processus critiques sur lesquels l’homme s’appuie. Il s’agit notamment de l’intégrité de la couche d’ozone, de l’acidité des océans, des niveaux de polluants et de la disponibilité de l’eau douce.

Nous repoussons quatre de ces limites dans la zone rouge : les changements climatiques, l’intégrité de la biodiversité, la circulation d’éléments vitaux comme l’azote et le phosphore, et les changements dans la Terre elle-même.

Il s’agit de la 12ème édition du Rapport Planète Vivante produit par le WWF, et implique la participation de plus de 50 experts du monde universitaire, des politiques, du développement international et des organisations de conservation.

Bien que le changement climatique ait été une question urgente dans la politique internationale ces dernières années – et à juste titre – notre impact général sur la biosphère elle-même n’a pas la même attention.

Ce qui s’en rapproche le plus, c’est la Convention sur la diversité biologique, un traité ratifié par un peu moins de 200 nations dans le but de conserver la biodiversité tout en utilisant ses ressources de manière équitable et durable.

Mais à en juger par ce rapport, cette convention ne va pas assez loin. Nous allons avoir besoin d’objectifs clairs, sans parler des processus pour nous assurer de les atteindre.

“Un ensemble d’actions collectives est nécessaire, ainsi qu’une feuille de route pour les objectifs, les indicateurs et les métriques permettant d’inverser la tendance à la disparition de la nature”, déclare le WWF.

Nous nous attendons à ce que les choses empirent dans le rapport 2020 avant qu’elles ne s’améliorent enfin. Espérons qu’on a tort là-dessus.

Source : ScienceAlert – Traduit par Anguille sous roche

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