Mort d’Alexeï Leonov, on vous raconte la cauchemardesque première sortie de l’Histoire dans l’espace


Le cosmonaute Alexeï Leonov est décédé ce vendredi à l’âge de 85 ans, vient d’annoncer l’agence Roscomos. Il est connu pour être le premier Homme à avoir effectué une sortie dans l’espace. c’était en 1965.

Alexeï-Leonov

Youri Gargarine est connu pour être le premier homme à avoir effectué un vol dans l’espace au cours de la mission Vostok 1 le 12 avril 1961. Mais le premier à être sorti dans l’espace est un autre personnage : Alexeï Leonov. Le cosmonaute est malheureusement décédé ce vendredi à l’âge de 85 ans, vient de faire savoir sa collaboratrice Natalia Filimonova. L’agence spatiale russe Roskosmos a confirmé “avec regret” la mort de ce cosmonaute “étoilé deux fois comme héros de l’Union soviétique”.

Première sortie dans l’espace

Alexeï Leonov est alors pilote de l’armée de l’Union soviétique lorsqu’il est sélectionné en 1960 pour devenir cosmonaute. Il fut ensuite désigné pour participer avec le Commandant Pavel Beliaïev à la mission Voskhod 2. Objectif : réaliser la première sortie extravéhiculaire dans l’espace. Et au passage, donner une nouvelle “claque” aux États-Unis. Le grand jour aura lieu le 18 mars 1965. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu.

Environ une heure et demie après avoir été placé en orbite, Leonov pénètre dans le sas. Une fois celui-ci dépressurisé, le cosmonaute, relié par un filin de 4,5 mètres, commence alors sa sortie. Il est ébloui par le soleil, et ne parvient pas à appuyer sur le déclencheur de son appareil photo. Premières déconvenues. Après avoir parcouru quelques mètres, le “silence” et le “noir profond” de l’espace l’impressionnent. Mais pas autant que la Terre :

“Elle paraissait petite, bleue, claire, si attendrissante, si esseulée, a t-il un jour expliqué. C’était notre demeure, et il fallait que je la défende comme une sainte relique. Elle était absolument ronde. Je crois que je n’ai jamais su ce que signifiait ‘rond’ avant d’avoir vu la Terre depuis l’espace.”

Une mission cauchemardesque

C’est ensuite que les choses ont commencé à vraiment se gâter. Au bout d’une petite quinzaine de minutes, son commandant lui fait signe de rentrer. Problème, une fois arrivé devant la porte du sas, Leonov ne passe pas. Dans le vide, sa combinaison s’était en effet tellement dilatée que ses pieds et ses mains semblaient avoir rétréci. Il se comparera plus tard au “Bibendum de la publicité Michelin”.

Pour passer, Leonov dût faire tomber la pression dans son scaphandre à l’aide d’une valve destinée à un autre usage. Une manoeuvre qui permit de “dégonfler” un peu la combinaison du cosmonaute, qui rentra en force à l’intérieur du sas. Il est en sueur, exténué. En témoigne son pouls à 143 battements par minute et sa température corporelle à 38 degrés Celsius. Il réintégra ensuite la cabine, puis l’équipage de Voskhod 2 entama la suite du programme. Mais là encore, non sans embûches.

En effet, l’écoutille du sas ne s’était pas bien refermée. Ce qui veut dire que de l’oxygène de la cabine fuyait lentement dans l’espace. Un défaut de séparation des deux modules a ensuite mené celui des occupants à tourner sur lui-même à des vitesses folles. Beliaïev et Leonov sont alors soumis à des accélérations de 10 G.

Sans oublier la mise à feu des rétrofusées qui ne s’est pas déclenchée lors de la descente. Les deux cosmonautes durent terminer les manoeuvres manuellement, pour finalement atterrir à 386 kilomètres du site prévu, en pleine forêt sibérienne. Les deux hommes passèrent deux nuits sur place, sous la menace des tigres et des loups, avant d’être finalement rapatriés.

Rappelons que toutes ces péripéties n’ont été dévoilées que bien plus tard, lors de la libéralisation du régime soviétique.

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Sources : SciencePost, Le Monde

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