Vénus a-t-elle été la première planète habitable de notre Système Solaire ?

première planète habitable

On la désigne souvent comme le jumeau maléfique de la Terre. Vénus pourrait pourtant avoir connu il y a très longtemps un climat doux et de vastes océans où la vie aurait pu prospérer selon des chercheurs américains de l’Institut Goddard d’études spatiales au sein de la NASA.

Avant la Terre, Vénus ? Avec une température moyenne en surface de 462 °C, Vénus est la planète la plus chaude du système solaire grâce à sa proximité avec le soleil et son impénétrable atmosphère de dioxyde de carbone 90 fois plus dense que celle de la Terre. Mais les conditions n’y ont pas toujours été si infernales comme le suggère une étude menée par des chercheurs américains de l’Institut Goddard qui sera présentée cette semaine à Pasadena en Californie lors de la réunion de l’American Astronomical Society.

Cette étude suggère qu’à un moment où la vie sur Terre n’en était encore qu’à un stade microbien primitif, Vénus a pu avoir un climat doux et de vastes océans allant jusqu’à une profondeur de 2 000 mètres. « Il y a 3 milliards d’années, si vous aviez été à une latitude et une altitude basse, la température à la surface de Vénus n’aurait pas si différente de celle qu’on trouve dans certains endroits tropicaux sur Terre », déclare Michael Way qui a dirigé les travaux.

Les cieux vénusiens auraient cependant été nuageux avec de la pluie presque continuelle. « Ainsi, alors que vous auriez pu avoir de beaux couchers de soleil, vous auriez eu un ciel couvert la plupart de la journée et des précipitations », ajoute le chercheur. Si les calculs des chercheurs sont corrects, les océans seraient restés sur Vénus jusqu’à il y a environ 715 millions d’années, donc une période de stabilité climatique assez longue pour qu’une vie microbienne plausible y ait vu le jour. « Les océans vénusiens auraient eu des températures plus constantes, et si la vie s’y développe — ce dont nous ne sommes pas encore certains sur Terre — alors ils auraient été un bon point de départ », poursuit Michael Way.

Dans une simulation du climat vénusien employant des modèles similaires à ceux utilisés pour prédire l’évolution future du climat de la Terre, les scientifiques ont convenu qu’il y a 2,9 milliards d’années, la température moyenne en surface y était de 11 °C, augmentant jusqu’à 15 °C il y a 715 millions d’années.

Si la mission Akatsuki qui observe les systèmes météorologiques vénusiens en détail pourrait apporter quelques réponses quant à Vénus et un éventuel passé moins houleux qu’aujourd’hui, la recherche de traces de vie microbienne ancienne aurait besoin d’un atterrisseur et c’est là que ça devient très difficile. Pour qu’un tel appareil survive aux conditions sur cette planète, « cela demanderait un grand développement technologique et bien sûr de l’argent » mais comme Michael Way le souligne : « Si ces investissements étaient réalisés, il serait possible de chercher des signes de vie et notamment des traces chimiques ».

Source : SciencePost

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