La France interdit l’extraction du gaz de schiste et du pétrole

gaz de schiste

Dans le souci de s’imposer comme le nouveau leader de la protection de l’environnement après le non respect par les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, la France vient d’adopter une nouvelle interdiction générale de la fracturation hydraulique et de l’extraction pétrolière qui entrera en vigueur en 2040.

La proposition, rédigée en septembre dernier, a été approuvée au Parlement par un vote à main levée le 19 décembre. Après 2040, aucun nouveau permis de forage ne sera délivré et les licences ne seront pas renouvelées, ce qui mettra fin à la production de combustibles fossiles en France et dans les territoires d’outre-mer.

Certains observateurs ont qualifié cette mesure d’“hypocrite”, la comparant à l’interdiction du Vermont en 2012. Bien qu’à l’époque, la politique a exaspéré les dirigeants de l’industrie, dans la pratique, les ressources en gaz de schiste de l’État sont limitées.

Il est peu probable que l’arrêt de la production intérieure française ait un impact important sur l’environnement car la grande majorité de la consommation de combustibles fossiles du pays est importée. En effet, la production française totale d’environ 815 000 tonnes de pétrole par an équivaut à ce que l’Arabie Saoudite extrait en quelques heures.

Par ailleurs, l’interdiction de la fracturation hydraulique et de l’extraction pétrolière n’aura pas d’impact sur les opérations des géants pétroliers français comme Total, dont les projets de forage s’étendent aussi bien aux pays en développement qu’à l’Europe.

L’ancienne ministre socialiste de l’Écologie et de l’Énergie, Delphine Batho, a répondu à cette critique en disant aux journalistes que “ce serait une erreur d’analyse de penser que le texte est seulement symbolique”. Elle espère que cette interdiction sera “contagieuse” pour d’autres pays désireux d’atteindre leurs objectifs climatiques.

Un avenir renouvelable ?

L’interdiction du fracking et de l’extraction pétrolière peut être une étape relativement indolore pour la France, mais le territoire beaucoup plus difficile à parcourir pour le président Emmanuel Macron est la production d’énergie nucléaire, qui couvre actuellement plus de 70 % des besoins énergétiques de la France. Dans le cadre de sa campagne, M. Macron s’est engagé à réduire la dépendance du pays à l’égard de l’énergie nucléaire à 50 % d’ici 2025, mais on ne sait pas encore si les énergies renouvelables pourraient vraiment combler un écart aussi important en seulement huit ans.

Mais le président français semble déterminé à prendre l’initiative sur le champ de bataille climatique. Il a récemment annoncé les 18 vainqueurs de l’initiative “Make our Planet Great Again”, qui finance la science climatique internationale. Les bénéficiaires de la subvention recevront jusqu’à 1,8 million de dollars sur une période de trois à cinq ans. Le programme a été dévoilé en juin 2017, peu de temps après que le président américain eut annoncé son intention de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris.

Et le développement français des énergies renouvelables progresse, même si ce n’est pas au rythme fulgurant qu’exige l’abandon radical du nucléaire. Par exemple, d’ici 2035, la compagnie française d’électricité EDF aura construit 30 GW de centrales solaires dans le pays, ce qui quadruplerait la capacité solaire installée actuelle de 7,4 GW.

Dans l’isolement, aucune de ces mesures n’est aussi révolutionnaire que l’administration française se plaît à les présenter. Mais ensemble, elles envoient un message fort sur l’importance d’adopter un programme environnemental qui parle au monde.

Source : Futurism

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