L’histoire d’Ann Hodges, la seule personne connue à avoir été frappée par une météorite


En février 2013 une météorite s’abattait près de la ville de Chelyabinsk, en Russie, détruisant de nombreux bâtiments et blessant indirectement plus d’un millier de personnes. Mais cette grosse pierre tombée du ciel ne fut pas la première à briser des vies.

Un jour de 1954, alors qu’elle était allongée sur son canapé, Ann Hodges fut frappée d’une météorite qui perfora le toit de sa maison à Sylacauga, en Alabama. La pierre avait alors rebondi sur la radio avant de finir sa course sur la hanche de sa victime laissant au passage une grosse ecchymose en forme d’ananas. L’histoire de Ann est particulièrement rare. Comme le rappelle Michael Reynolds, astronome au Florida State College et auteur du livre Falling Stars : A Guide to Meteors & Météorites, « la plupart des météorites tombent habituellement dans l’océan ou frappent l’un des vastes lieux éloignés de la Terre. Pensez à combien de personnes ont vécu tout au long de l’histoire humaine », poursuit le chercheur, « vous avez plus de chance d’être frappé par une tornade, par la foudre et par un ouragan tous en même temps ! ».

Peu avant que la météorite ne s’échoue sur la hanche de sa victime, plusieurs habitants de Sylacauga ont rapporté avoir vu « une lumière rougeâtre » et d’autres « une boule de feu accompagnée d’une énorme explosion et d’un nuage brun », comme le rapporte un papier diffusé par le Musée d’Histoire naturelle d’Alabama en 2010. Un géologue du gouvernement travaillant dans une carrière à proximité du lieu d’impact fut réquisitionné sur place pour déterminer la nature de l’objet. Les habitants s’interrogeaient, certains soupçonnant un coup des Soviétiques.

Il y avait du monde à la maison. Tous les habitants de la ville ou presque s’étaient effectivement rendus sur place. L’affaire faisait du bruit et Ann fut rapidement submergée par la foule. Elle sera transférée à l’hôpital. Avec la paranoïa en cours liée à la guerre froide, le fragment, qui pesait tout de même 3,86 kg, fut immédiatement réquisitionné par l’United State Air Force pour analyses. Quelques jours plus tard, sous l’impulsion du grand public et souhaitant la vendre afin d’obtenir assez d’argent pour réparer leur maison, Ann accepta de revendiquer la propriété de la météorite, y voyant un signe de Dieu : « Après tout, il m’a frappé ! » dira-t-elle.

Mais il y avait un problème. Ann et son mari étaient locataires et leur propriétaire, une femme récemment devenue veuve nommée Birdie Guy, revendiqua à leur place la propriété de la pierre. La loi se rangea de son côté, mais l’opinion publique n’était pas de cet avis. Après quelques semaines, elle renonça en échange de 500 $. Eugène, le mari de Ann, était convaincu que le couple pourrait faire beaucoup d’argent et accepta la transaction. Plus tard, l’histoire ayant perdu de son attrait, personne ne fut intéressé par son achat et deux ans plus tard, en 1956, les Hodges en feront don au musée d’histoire naturelle.

Ann fera une dépression nerveuse et en 1964 et elle et son mari divorceront. Elle décédera dans l’oubli en 1972 à cause d’une insuffisance rénale, à l’âge de 52 ans.

Source : SciencePost


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