Les cyborgs vont remplacer les humains dans la « nouvelle ère » du monde, selon le futurologue James Lovelock


Selon Novacene, un nouveau livre de James Lovelock, le célèbre environnementaliste et futuriste britannique, « Notre suprématie en tant que principaux interprètes du cosmos est sur le point de s’achever ». Et de préciser que « Les personnes qui comprendront l’avenir ne seront pas des êtres humains mais ce que j’ai choisi d’appeler des “cyborgs” qui se seront conçus et construits eux-mêmes. »

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Lovelock décrit les cyborgs comme les descendants autonomes et conscients des robots et des systèmes d’intelligence artificielle d’aujourd’hui. Il appelle l’ère de leur domination la Novacene – littéralement, la « nouvelle ère ».

De nos jours, les adeptes du luddisme moderne ne manquent pas, prévenant que la technologie va bientôt nous submerger. Le luddisme est, selon l’expression de l’historien britannique Edward P. Thompson (1924-1993), un « conflit industriel violent » qui a opposé dans les années 1811-1812 en Angleterre des artisans — tondeurs et tricoteurs sur métiers à bras du West Riding, du Lancashire du sud et d’une partie du Leicestershire et du Derbyshire — aux employeurs et manufacturiers qui favorisaient l’emploi de machines (métiers à tisser notamment) dans le travail de la laine et du coton. La lutte des membres de ce mouvement clandestin, appelés luddites ou luddistes, s’est caractérisée par les « briseurs de machines ».

Mais les prédictions audacieuses de Lovelock se démarquent du luddisme. Contrairement aux technosceptiques, dont l’informaticien de l’Université de Louisville, Roman Yampolskiy, Lovelock pense qu’il est peu probable que nos machines se retournent contre nous, à la manière de Terminator. Et contrairement aux utopistes comme le futuriste Ray Kurzweil, il n’envisage pas que les humains et les machines s’unissent à la perfection dans une union que certains appellent la singularité.

Au contraire, Lovelock envisage l’évolution de la technologie à travers une perspective évolutive, en accord avec ses décennies de recherche et de réflexion sur les systèmes écologiques et biologiques.

Le début de la fin ?

Les premières étapes qui vont conduire à la Novacene sont déjà en cours, explique Lovelock. Il cite l’exemple d’AlphaZero, une IA qui a appris à jouer au jeu Go et qui est ensuite rapidement devenu le « meilleur joueur » de Go au monde. Les ordinateurs actuels peuvent déjà traiter les données beaucoup plus rapidement que nous ne le pouvons. Avec une intelligence artificielle totalement indépendante, dit-il, les cyborgs de demain deviendront facilement mille fois plus intelligents que nous.

Lovelock imagine des cyborgs remplissant toutes les niches évolutives de la planète. « Je pense que les cyborgs sont un autre royaume de la vie », dit-il. « Ils seront à nos côtés à peu près de la même manière que le royaume des animaux est aux côtés du royaume des plantes ».

À quoi ressembleraient les cyborgs ? Lovelock est intentionnellement vague parce qu’il s’attend à ce que les règles de base de la conception d’un cyborg soient repensé d’une manière à laquelle nous n’avons pas pensé. « Les Cyborgs connaîtraient un nouveau départ ; comme Alpha Zero, ils partiraient d’une page blanche », écrit-il dans son livre. Selon lui, ces cyborgs pourraient ressembler à des sphères ou même « n’avoir aucune forme du tout », existant principalement à l’intérieur des ordinateurs.

Quelle que soit leur forme, les cyborgs seraient tellement au-dessus de nous intellectuellement qu’ils pourraient nous considérer comme faisant partie du paysage de fond de la planète (loin donc des trois lois de la robotique formulées par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov et John W. Campbell qui sont : un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger ; un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi ; un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi). Alternativement, ils pourraient nous apprécier de la même manière que nous apprécions les plantes. Cette possibilité séduit Lovelock, qui aime passer des jours dans le jardin autour de son chalet situé dans le Dorset, en Angleterre.

Une fois établis, les cyborgs resteront dominants sur notre planète. « La Novacene sera probablement l’ère finale de la vie sur Terre », estime Lovelock.

En route vers la Novacene

Ce n’est pas la première fois que Lovelock apporte au monde scientifique un argumentaire controversé. Sa nouvelle idée sur une prise de contrôle imminente par les cyborg s’appuie sur une idée fondamentale qui l’a rendu célèbre, l’hypothèse dite de Gaia qu’il a développée avec la biologiste Lynn Margulis en 1974.

Selon cette hypothèse, la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années en harmonie avec la vie ».

L’ensemble des êtres vivants sur Terre formerait ainsi un vaste superorganisme — appelé « Gaïa », d’après le nom de la déesse de la mythologie grecque personnifiant la Terre — réalisant l’autorégulation de ses composants pour favoriser la vie. Un exemple cité par Lovelock à l’appui de son hypothèse est la composition de l’atmosphère, qui aurait été régulée au cours du temps de manière à permettre le développement et le maintien de la vie.

Pour être plus clair, notre planète se comporte comme un seul organisme autorégulateur. Au cours des quatre milliards d’années écoulées depuis le début de la vie, des processus biologiques ont progressivement modifié l’atmosphère, les terres et les océans pour que la Terre reste habitable. Le soleil est devenu plus brillant, des volcans ont éclaté, des astéroïdes ont frappé, et pourtant notre planète a constamment maintenu les conditions propices à la chimie de l’eau liquide et du carbone: l’essentiel de la vie.

L’hypothèse Gaïa, qui s’est déclinée en plusieurs théories, repose sur un modèle scientifique qui se fonde sur plusieurs constatations écologiques, climatologiques, géologiques ou encore biologiques — à travers la notion d’éco-évolution notamment —, appelé Earth system science. Il en résulte un pronostic alarmiste quant à l’avenir de la biosphère, face au défi du changement climatique notamment.

« Le concept de Gaia est essentiel à notre compréhension croissante de la vie dans l’Univers », a déclaré David Grinspoon, astrobiologiste au Planetary Science Institute de Tucson, en Arizona. Paul Davies, physicien à l’Arizona State University de Tempe, considère Gaia comme « un concept utile pour souligner le couplage des cycles biologiques et géologiques ».

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Sources : Developpez par Stéphane le calmeMIT

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