La maladie qui a tué Saint-Louis est de retour en France


Plusieurs cas de scorbut, maladie qui régnait sur les bateaux il y a plusieurs siècles et tuait les marins, ont été signalés en France, indique la revue La presse médicale. Au total, quatre patients ont développé cette pathologie entre 2017 et 2018.

scorbut-France-retour

La maladie qu’on croyait disparue depuis des centaines d’années, appelée «peste des marins» et qui selon les dernières études a probablement tué Saint-Louis, a été détectée en France. Après avoir été enregistré aux États-Unis en 2018, plusieurs cas de scorbut ont été signalés par des médecins sur le territoire français. Le rapport a été publié dans la revue spécialisée La presse médicale.

Le saignement des gencives et le déchaussement des dents sont les symptômes les plus sévères de cette maladie qui peut entraîner la mort. Provoqué par une carence en vitamine C, le scorbut se développait souvent chez les marins privés de légumes et de fruits pendant leurs longs voyages.

Malgré l’abondance d’aliments riches en vitamine C présents sur les étals au XXIe siècle, quatre Français ont contracté la maladie entre 2017 et 2018. Le service de rhumatologie de Nice a fait état de cas de scorbut chez un homme de 61 ans et deux femmes de 41 et 74 ans. Quant au quatrième patient, il s’agit d’un Grenoblois de 60 ans.

Des symptômes peu évidents

Les quatre individus présentaient les mêmes signes avant-coureurs, notamment des douleurs articulaires et des hématomes et ecchymoses sur la peau, précise BFM TV. Cependant, le scorbut peut se déclarer par d’autres syndromes :

«La maladie peut en effet se manifester cliniquement de multiples façons, parfois trompeuses, telles que des signes généraux (fatigue, anorexie, amaigrissement), des douleurs musculo-squelettiques, des symptômes ostéo-articulaires (pseudo-paralysie, douleurs osseuses), des gencives hémorragiques, des saignements dans les articulations», explique le Dr Marc Gozlan sur son blog Réalités biomédicales.

Qui est exposé au risque ?

Les personnes les plus susceptibles de développer le scorbut sont celles qui se trouvent en situation de précarité, les personnes sans domicile fixe, ainsi que les sujets âgés dépendants, souvent privées de bonnes habitudes alimentaires, précise M.Gozlan.

Comme l’organisme est incapable de produire de la vitamine C, l’alimentation est donc le seul moyen d’en consommer. C’est pourquoi l’une des étapes du traitement de la pathologie consiste à consommer des doses de cette vitamine présente dans de nombreux fruits, baies et légumes, notamment dans le kiwi, la fraise, le citron, l’orange, le cassis, le poivron rouge et vert cru, le persil frais et le radis noir cru, détaille le blog.

Des cas signalés auparavant

En 2015, le scorbut a été détecté en France lors d’une étude menée par un médecin du CHU de Limoges sur 63 personnes atteintes d’une carence en vitamine C. Dix d’entre elles souffraient de scorbut, a affirmé Science et Avenir.

Cependant, il ne faut pas s’inquiéter du développement d’une épidémie de scorbut, estime Marie-Charlotte Trojani, coauteur de l’article publié dans La presse médicale. Il faut juste savoir reconnaître ses symptômes.

Lire aussi : La fonte des glaciers révèle des cadavres et des maladies anciennes

Source : Sputnik

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *