Des centaines d’actes de profanation d’églises sont passés inaperçus en 2018

Le 22 mars 2019 : En France, 1063 actes contre des églises ont été perpétrés en 2018. L’incendie de Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris dimanche dernier, lance le débat autour de la «christianophobie»

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Peu médiatisées, les insultes et profanations contre des lieux de culte chrétiens se multiplient et atteignent des proportions effrayantes. En février dernier, le gouvernement français recensait 1063 délits de ce type rien que pour l’année 2018. Un phénomène passant quelque peu inaperçu, notamment face aux scandales de pédophilie qui plongent l’Eglise catholique dans la tourmente. Pourtant, le nombre de ces actes délictueux est sensiblement en hausse par rapport à 2017.

Le mois dernier, quatre lieux de culte ont été saccagés en moins d’une semaine dans l’Hexagone. Le 4 février, c’est l’église Saint-Nicolas à Houilles, dans les Yvelines, qui était touchée, puis la cathédrale Saint-Alain-de-Lavaur le lendemain. Notre-Dame-des-Enfants le 6 février. Notre-Dame à Dijon le 9 février. Une liste préoccupante et qui ne représente qu’une petite partie du phénomène.

La presse espagnole a par ailleurs vivement réagi face à ces profanations. De nombreux articles sont parus cette semaine, qualifiant sans détour ces crimes de «vandalisme antichrétien». Le média espagnol ABC titrait notamment mardi «Une douzaine d’églises profanées depuis une semaine».

900 000 euros de dégâts pour Saint-Sulpice

L’incendie de Saint-Sulpice est celui qui a été le plus relayé par les médias et sur les réseaux sociaux. Le feu se serait déclaré aux alentours de 13h40, dimanche, au niveau de la porte de l’édifice. Le départ de feu, qui a pu être rapidement maîtrisé dimanche soir, serait d’origine «humaine». La piste criminelle est, pour l’heure, privilégiée par les enquêteurs.

Tout l’intérieur de cette église située dans le VIe arrondissement de Paris a été recouvert de suie et sali, mais seule l’imposante porte d’entrée du lieu de culte a été détruite. Toutefois, les dégâts ont été estimés à près de 900 000 euros.

Prudence et discrétion de l’Eglise

De son côté, l’Eglise préfère rester discrète sur ces événements. Elle justifie cette position en invoquant un possible risque d’imitation si les faits étaient trop médiatisés.

Contrairement aux actes antisémites, qui exploitent des symboles de haine tels que la croix gammée, les délits visant des édifices chrétiens (catholiques pour la plupart d’entre eux) ne sont presque jamais signés. Il est ainsi extrêmement difficile de remonter la source des coupables, souligne le quotidien ABC. Dimanche soir, après que le feu a été maîtrisé, l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, s’exprimait également avec prudence sur les circonstances de l’incendie.

Deux députés LR réclament des mesures

De nombreux élus et personnalités publiques français dénoncent une «christianophobie» grandissante, s’exprimant notamment sur les réseaux sociaux. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs demandé des mesures de protection pour les lieux de culte chrétiens. Annie Genevard et Philippe Gosselin, députés Les Républicains, ont réclamé mardi une mission d’information sur «la multiplication des actes anti-chrétiens» au président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand.

«Face à cela, la représentation nationale n’a pas le droit de détourner le regard», estiment les deux élus. Et Annie Genevard ajoute: «Les images des flammes dans l’église Saint-Sulpice ce week-end sont un exemple de plus des violences commises à l’égard des catholiques.»

Sur les réseaux sociaux, ce sont essentiellement des élus de droite et d’extrême droite qui se sont exprimés sur la recrudescence des actes «anti-chrétiens».

Pour l’heure, le motif anti-chrétien de l’incendie de Saint-Sulpice n’a pas été confirmé. Selon les enquêteurs, le feu aurait pu prendre depuis le tas de vêtements d’un SDF qui campait sur les lieux. Dans une interview pour Le Point, le Père Jean-Loup Lacroix, curé de la paroisse, a réfuté de son côté l’hypothèse d’une attaque antireligieuse puisque «aucun objet cultuel n’a été directement ciblé».

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Source : Le Temps

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