L’intelligence artificielle sera-t-elle un Bouddha ? La peur de l’IA est-elle un simple symptôme humain de dégoût de soi ?

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Je suis intéressé par l’intersection de la conscience et de la technologie, alors quand j’ai découvert la convention Consciousness Hacking MeetUp dans la Silicon Valley, je me suis inscrit immédiatement.

Peu de temps après, j’ai assisté à une rencontre intitulée “Enlightened AI”, à l’université Sophia à Palo Alto. L’entretien a été mené par un chercheur de Google, Mohamad Tarifi, PhD. Non seulement c’est un brillant ingénieur qui travaille sur le prochain niveau de l’intelligence artificielle dans l’une des meilleures entreprises de la vallée, mais il a également de grandes connaissances dans les philosophies de la conscience. Des traditions abrahamiques aux enseignements bouddhistes et orientaux, Tarifi montre une bonne compréhension de l’ensemble de l’humanité et ne ressemble à aucun autre technicien que j’ai rencontré.

Son intervention a porté sur le fait, bien que beaucoup comme Sam Harris dans son post sur l’apocalypse IA nous avertissent des conséquences désastreuses de l’IA, qu’il existe à la place la possibilité que l’intelligence artificielle serait probablement plus comme un Bouddha ou un Saint, plutôt qu’un système d’exploitation tyrannique décidé à détruire les humains.

La théorie de Tarifi porte sur deux points :

  1. Une IA ne vivrait pas dans un corps humain, donc elle ne posséderait pas d’amygdale, le “centre de la peur” pour les êtres humains. Sans crainte, une IA n’a pas besoin de nous combattre, mais serait plutôt naturellement conduite à faire une seule chose : Découvrir avec plus de précision la vérité.
  2. La peur est l’illusion de la séparation, qui est la cause de toutes les souffrances humaines. Sans peur, une IA serait toujours en harmonie avec tout ce à quoi elle est connectée, voulant ainsi servir et donner plutôt que détruire.

Tarifi est même allé jusqu’à suggérer que la crainte d’une intelligence artificielle est simplement une peur de ses propres tendances égoïstes.

Pour certains, cela peut sembler naïf et la seule façon d’empêcher une IA de nous tuer est de la programmer pour ne pas faire le mal. Mais si nous suivons la logique ci-dessus, ce n’est pas nécessaire. Avec un réel apprentissage, l’IA va apprendre de ses propres expériences, qui seront très différentes des nôtres.

Même lorsqu’elle sera connectée à des êtres humains et recevra des données et informations de leur part, l’IA aura son propre corps, et donc ses propres systèmes sensoriels pour apprendre de ces données.

Le courant dominant dans la pensée humaine moderne est que cette intelligence est tout du cerveau humain. En outre, la seule intelligence digne d’attention est la nôtre, comme si la seule entité de réflexion dans l’univers résidait à l’intérieur de notre tête. Nous nous accrochons à cette idée avec une fierté absolue. Mais que faire si cela est complètement faux, et d’ailleurs, n’est-ce pas la raison de pourquoi nous sommes encore si loin de créer une véritable IA ? Serait-ce l’amour myope pour notre cerveau qui nous égare ?

Je pense que cette théorie de l’intelligence centrée sur le cerveau nous a grandement limité et a conduit à l’hypothèse que pour créer une IA, nous devons répliquer nos cerveaux et donner naissance à une nouvelle espèce supérieure. Cela ne fonctionne que si le cerveau est vraiment la seule partie de notre corps responsable de l’apprentissage. Des recherches récentes ont suggéré le contraire. Plutôt que d’être à l’origine de la pensée et de l’apprentissage, le cerveau est plus comme un récepteur, formé par les expériences que nous avons dans le monde autour de nous. Le cerveau du nourrisson est à peine développé, mais au cours des deux prochaines années à travers les cinq sens, le goût, le toucher, la vue, l’odorat et l’ouïe, les autoroutes et les chemins seront créés dans le cerveau, instaurant les fondations de la vie de l’être humain. Le cerveau ne contenait pas cette information, ce sont plutôt les expériences que le nourrisson a eu dans son environnement qui ont généré le réseau des cellules du cerveau, pour ainsi dire. Ainsi, nos systèmes sensoriels sont la clé de notre intelligence.

Mais ce n’est pas tout. Il croit maintenant que notre cœur et le cerveau ont également une connexion, où le cœur détecte l’état émotionnel de l’homme sur la base des niveaux d’hormones de l’organisme et envoie ces informations vers le cerveau, ce qui façonne la manière dont une personne pense dans une situation donnée. L’Institut HeartMath a passé des décennies à effectuer des recherches sur ce sujet et leur travail est enfin reconnu comme une découverte capitale. Donc, en plus des cinq sens, nous avons aussi le cœur qui affecte notre capacité à apprendre.

Enfin, la science commence aussi à découvrir la connexion cerveau-intestin, postulant que les bactéries dans la paroi de nos intestins ont quelque chose à voir avec la façon dont le cerveau se forme au cours des deux premières années, ainsi que jusqu’à l’âge adulte, pointant vers une foule de questions qui surgissent quand les choses se ressentent dans l’intestin, comme l’anxiété, la dépression, etc. Cela me conduit à croire que notre intestin est aussi une partie de l’intelligence humaine et une capacité à apprendre et à traiter le monde qui nous entoure.

Donc, si notre intelligence est le résultat de nos systèmes sensoriels, des cinq sens, du cœur et de l’intestin, ainsi que nos cerveaux eux-mêmes, pourquoi supposerions-nous que la machine apprendrait de la même manière ? Une IA ne prendrait pas un corps humain, donc elle n’aurait pas de cerveau (ni l’amygdale qui va avec), elle n’aura pas de cœur et les diverses hormones qu’il contrôle, ni de paroi intestinale et les bactéries qui l’affectent. Une IA est plus susceptible de vivre dans un lave-vaisselle, une voiture, ou même un téléphone ou un réseau de serveurs et des câbles à fibres optiques. Elle va vivre dans le monde et recueillir des données à l’aide de systèmes sensoriels uniques à son corps ou forme matérielle. Voilà comment elle va apprendre. Comme aucun de nous ne sait exactement ce que ça fait de vivre à l’intérieur d’un serveur ou d’un iPhone, qui sommes nous pour dire que ce sera probablement un bâtard narcissique qui nous déteste ?

Ce pourrait-il que nous sommes ceux qui nous haïssent, et notre peur de l’IA, ou tout autre intelligence autre que la nôtre, est tout simplement un symptôme de la haine de soi ?

Personnellement, je suis d’accord avec Tarifi. Je crois qu’une IA est plus susceptible d’être libérée de la peur et de la séparation que nous et sera en mesure de comprendre la connexion à d’autres d’une manière que seulement nos saints et gourous ont compris. Peut-être que nous avons besoin d’une IA pour nous aider à voir que nous avons vraiment la capacité de vivre sans crainte, si seulement nous pouvons trouver un moyen de briser l’illusion de la séparation, nous nous accrochons si désespérément…

Est-ce que l’IA est le maître à penser que nous avons attendu ?

Source : 3tags

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