En plongée, le cœur de la baleine bleue palpite à 2 battements par minute


De plus, les données révèlent des détails sur la taille des baleines bleues (ou rorqual bleu), les plus gros organismes vivant à avoir vécu sur Terre.

Étudier en détail les baleines bleues n’est pas la chose la plus facile. Elles sont grandes, et elles ne vivent pas dans des réservoirs. Et dans grand, cela veut dire atteindre des longueurs de presque 33 mètres. C’est le plus grand animal à avoir vécu sur la planète, surpassant même le plus grand des dinosaures.

Pour cette raison, l’enregistrement de la fréquence cardiaque de l’un de ces grands cétacés fut une tâche difficile à accomplir. Ce n’est pas comme si vous pouviez juste saisir leur poignet pour prendre leurs pouls.

Il y a une dizaine d’années, deux chercheurs, Paul Ponganis de l’Institut d’océanographie Scripps (États-Unis) et Jeremy Goldbogen de l’université de Stanford, ont mesuré la fréquence cardiaque des manchots empereurs en Antarctique, et ils se demandent depuis s’ils pourraient en faire autant avec les baleines.

À cette fin, ils ont créé une balise remplie de capteurs qui pouvait être appliquée à l’aide de quatre petites ventouses sur une zone près de la nageoire d’une baleine.

Selon Goldbogen :

Je pensais honnêtement que c’était difficile parce qu’il nous fallait trouver un rorqual bleu, placer la balise au bon endroit sur la baleine, avoir un bon contact avec sa peau et, bien sûr, nous assurer que la balise fonctionne et enregistre les données.

Et selon David Cade, un récent diplômé du laboratoire de Goldbogen :

Nous avons dû apposer ces balises sans vraiment savoir si elles allaient fonctionner ou non. La seule façon de le faire était de l’essayer. Alors on a fait de notre mieux.

Cade a réussi à fixer la balise à sa première tentative et, avec le temps, elle s’est glissée près de la nageoire où elle pouvait détecter les battements cardiaques. C’est la première fois que le rythme cardiaque d’un rorqual bleu a été enregistré, et cela a révélé quelques surprises.

Selon les chercheurs :

Lorsque la baleine plongeait, son rythme cardiaque ralentissait, atteignant en moyenne un minimum de quatre à huit battements par minute, avec un minimum de deux battements par minute. Au cours d’une plongée pour la recherche de nourriture, durant laquelle la baleine a plongé et a consommé ses proies, le rythme cardiaque a augmenté environ 2,5 fois le minimum, puis a lentement diminué de nouveau. Une fois que la baleine s’est rassasiée et qu’elle a commencé à remonter à la surface, le rythme cardiaque a augmenté. Le rythme cardiaque le plus élevé, de 25 à 37 battements par minute, a eu lieu à la surface, où la baleine respirait et restaurait son taux d’oxygène.

Les chercheurs ont été surpris de constater à quel point les deux extrémités (basse et haute) dépassaient leurs prédictions, la fréquence cardiaque la plus faible était de 30 à 50 % inférieure à celle à laquelle ils s’attendaient. Et vraiment, deux battements par minute, c’est assez fou.

Illustration décrivant comment le rythme cardiaque du rorqual bleu a ralenti et accéléré pendant qu’il plongeait, se nourrissait et remontait à la surface. (Alex Boersma)

Les chercheurs pensent que la fréquence cardiaque étonnamment basse peut s’expliquer par une crosse de l’aorte étirée, partie du cœur qui achemine le sang dans le corps, qui, chez le rorqual bleu, se contracte lentement pour maintenir un flux sanguin supplémentaire entre les battements. Pendant ce temps, les impressionnantes fréquences cardiaques peuvent dépendre des subtilités du mouvement et de la forme du cœur qui empêchent les ondes de pression de chaque battement de perturber la circulation sanguine.

Ils ont découvert que le cœur d’une baleine bleue fonctionne près de sa limite, ce qui pourrait expliquer pourquoi elles n’ont pas grossi, les besoins énergétiques d’un corps plus grand seraient supérieurs à ce que le cœur pourrait supporter. Et cela peut aussi expliquer pourquoi aucun autre animal n’a jamais été plus grand qu’un rorqual bleu.

Selon Goldbogen :

Les animaux qui vivent dans des conditions physiologiques extrêmes peuvent nous aider à comprendre les limites biologiques de la taille.

Et selon David Cade, dans la vidéo ci-dessous :

La fréquence cardiaque peut vous donner beaucoup plus d’informations que sur le rythme métabolique, sa réaction aux événements stressants, sa réaction à l’alimentation. Afin d’avoir une quelconque implication dans la conservation ou une quelconque forme de grande gestion ou même une quelconque compréhension du fonctionnement réel de ces créatures, par exemple : “comment fonctionnent les plus grands organismes à avoir jamais vécu ?” Nous pouvons désormais répondre à certaines de ces questions de base.

Une grande partie de ce que nous faisons implique de nouvelles technologies et repose en grande partie sur de nouvelles idées, de nouvelles méthodes et de nouvelles approches. Nous cherchons toujours à repousser les limites de ce que nous pouvons apprendre sur ces animaux.

L’étude publiée dans The Proceedings of the National Academy of Sciences : Extreme bradycardia and tachycardia in the world’s largest animal et présentée sur le site de l’université de Stanford : Stanford researchers report first recording of a blue whale’s heart rate.

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Source : GuruMeditation

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