Des modérateurs poursuivent Facebook pour stress post-traumatique


En Irlande, plusieurs modérateurs attaquent Facebook, jugeant que leur travail leur a fait contracter des troubles de stress post-traumatique.

Dans un reportage réalisé par Vice, Sean Burke évoque son travail de modérateur de contenu au sein de CPL Resources, un sous-traitant de Facebook situé à Dublin. Suite à son travail au sein de l’entreprise, il a fait part de sa volonté de porter plainte contre la société américaine, épaulé par quelques-uns de ses collègues qui prévoient de faire de même.

Des modérateurs de Facebook traumatisés après quelques mois

Lors de son premier jour de travail, Burke explique avoir vu une vidéo dans laquelle un homme se faisait battre avec une planche de bois bardée de clous puis poignarder plusieurs fois. Deux semaines plus tard, il a vu plusieurs vidéos de pornographie infantile. Peu après, il a commencé à aller au travail sous antidépresseur, indiquant aussi : « Parfois, je résolvais mes problèmes avec l’alcool pour m’endormir parce qu’au moins, je ne rêvais pas quand je dormais après avoir bu quelques verres ».

Un autre employé de 50 ans explique avoir été diagnostiqué comme étant atteint de stress post-traumatique après avoir travaillé 10 mois en tant que modérateur pour Facebook. De son côté, Daniel Valdermasson a fait ce boulot durant un peu plus d’un an. Il lui a fallu quelques mois avant qu’il ne fasse sa première crise d’angoisse en se rendant au travail.

Ce dernier pensait pouvoir résister à cette activité en tant qu’enfant d’Internet ayant déjà assisté à des vidéos de décapitation par exemple, mais il résume : « Pour la plupart des gens à qui j’ai parlé, le problème n’est pas de voir un adulte décapité, c’est de voir un bébé de six mois se faire violer ».

Au total, une douzaine de modérateurs travaillant à Dublin s’attaquent à Facebook, dont un des employés les plus payés qui souhaite garder l’anonymat. Selon lui, même une exposition limitée à des contenus violents comme ceux que voient les employés suffit à provoquer un stress post-traumatique de type 2. Ce dernier peut entraîner des symptômes allant de la crise de panique à la tentative de suicide.

Les plaignants de la société souhaitent que Facebook paye mieux ses modérateurs et soit capable de modifier ses politiques pour mieux les protéger. Les concernés souhaitent aussi obtenir une compensation financière et faire parler de ce sujet. Pour ce faire, tous devront prouver que l’impact de leur travail n’a pas été bien estimé par Facebook et le sous-traitant irlandais.

De son côté, Facebook assure que ce job « peut parfois être difficile », mais que « leur bien-être est une priorité absolue pour nous ». La société affirme qu’elle offre un accès libre à un soutien psychologique et à des activités tournées vers le yoga ou le bien-être.

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Source : Presse-citron

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