États-Unis : quand un robot chasse des sans-abris près d’un refuge pour animaux


Une ONG de défense des animaux basée à San Francisco a eu quelques problèmes avec la ville après avoir utilisé un robot pour empêcher des sans-abris de trouver refuge dans son quartier.

Cette histoire parait incroyable et est pourtant bien réelle, comme le rapporte le San Francisco Business Times. La Society for the Prevention of Cruelty to Animals (SPCA), une association à but non lucratif dont la mission est la protection des animaux, a eu recours à un robot dans le but de faire fuir des SDF ayant l’habitude de s’installer près de son siège, ce qui lui a attiré les foudres des autorités de la ville.

Le robot en question a été fabriqué par la start-up Knightscope, basée dans la Silicon Valley. Celui-ci, bardé de capteurs, effectuait des rondes en bas de l’immeuble de l’ONG et donnait l’alerte dès que des sans-abris s’approchaient du site. La Society for the Prevention of Cruelty to Animals (SPCA) fait également office de foyer pour animaux abandonnés, mais semble éprouver des difficultés à tolérer dans les parages la présence de personnes dans le besoin.

Par ailleurs, le robot a été décoré avec des stickers d’adorables chiens, comme si cela allait atténuer la portée de ces actes condamnables, comme le montre un tweet publié par un témoin choqué, vidéo à l’appui.

La société Knightscope loue les services de son robot pour 7 dollars de l’heure, une façon de rentabiliser sa levée de fonds de plus de 15 millions de dollars d’il y a quelques mois. Cependant, la ville de San Francisco a pris la décision d’interdire à la SPCA d’utiliser à nouveau ce robot à l’avenir, sous peine d’une amende de 1000 dollars par jour. L’ONG s’était pourtant vantée que le robot avait contribué à baisser le nombre de sans-abris et de vols de voitures près de son immeuble.

En 2016 déjà, les médias avaient relaté un problème profond entre la Silicon Valley et les sans-abris. Le chef de la start-up Commando.io, spécialisée dans la gestion de serveurs, avait écrit une lettre ouverte au maire de la ville de San Francisco, écrivant notamment ces mots :

« Je sais que les gens ne sont pas contents de la gentrification de la ville, mais la réalité c’est que nous vivons dans une société de libre marché. Les travailleurs riches ont mérité leur droit à vivre dans cette ville. Ils ont fait des études, travaillé dur et mérité ce qu’ils ont. »

« Je ne devrais pas avoir à m’inquiéter d’être accosté. Je ne devrais pas avoir à voir la douleur et le désespoir des SDF tous les jours sur le chemin du travail. Quand mes parents viennent me rendre visite, je veux qu’ils passent un bon séjour, qu’ils puissent profiter de ce super endroit. »

Sources : SciencePostSan Francisco Business TimesSlateThe Guardian


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