Les actions de Bayer ont perdu 44 % de leur valeur depuis l’achat de Monsanto


Le cours de l’action de Bayer a chuté à son plus bas niveau en sept ans cette semaine, après que l’entreprise a perdu un procès de 2 milliards de dollars qui portait sur le désherbant Roundup responsable du cancer.

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Le désherbant Roundup est un produit mis au point par la société biotechnologique controversée Monsanto, mais Bayer l’a acheté pour 66 milliards de dollars en 2016. En plus de l’acquisition de cette entreprise extrêmement rentable, Bayer a également hérité d’une longue liste de poursuites judiciaires et de problèmes de réputation.

Le cours de l’action de Bayer a été en chute libre toute l’année, les mauvaises nouvelles concernant le Roundup ne cessant de s’accumuler. Depuis l’acquisition de Monsanto, l’action de la société a chuté de plus de 44 %.

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Action Bayer depuis 1 année

Le Roundup contient un produit chimique appelé glyphosate, dont il a été démontré dans de nombreuses études qu’il causait le cancer. Malgré ces résultats, l’EPA a conclu que le produit chimique est sûr, citant d’autres études contradictoires. Cependant, comme l’a révélé une enquête de The Intercept, la grande majorité de ces études contradictoires ont été commandées par Monsanto. Les données que l’EPA utilisait pour déterminer l’innocuité du glyphosate ont été fournies par Monsanto, ce qui représente un conflit d’intérêts évident.

Au fur et à mesure que les dépenses liées aux poursuites intentées contre Monsanto ont commencé à augmenter, les actionnaires de Bayer ont commencé à remettre en question le bien-fondé de l’acquisition de Monsanto.

Plus tôt cette année, l’actionnaire de Bayer, Christian Strenger, a déposé une motion de censure contre le conseil d’administration de Bayer, se plaignant de la négligence de Werner Baumann, CEO de Bayer, dans l’acquisition de Monsanto.

Strenger a souligné l’“échec presque total de la réalisation des objectifs clés présentés par Baumann en mai 2016 pour l’acquisition de Monsanto”.

“M. Baumann, de Bayer, fait toujours référence à 800 opinions selon lesquelles le glyphosate est un produit sûr. Mais le gros problème est de savoir comment cela a été appliqué et a-t-il été vendu correctement avec suffisamment de signes précurseurs. J’aurais dû insister. Ce n’étaient pas des secrets militaires. Bayer aurait dû dire à Monsanto : ‘Soit vous obtenez de département de la Justice qu’il autorise la divulgation, soit nous n’allons pas procéder à l’opération'”, a déclaré M. Strenger, selon Fortune.

Strenger a accusé les décideurs de Bayer d’être “indulgents avec une analyse correcte de la situation juridique”.

Parmi d’autres plaintes, la motion de censure indiquait la suppression de 12 000 emplois à la fin de novembre 2018, ce qui serait attribuable à l’acquisition de Monsanto. C’est d’autant plus frustrant pour les actionnaires que Werner Baumann, CEO de Bayer, a promis que l’opération Monsanto créerait plus d’emplois dans l’entreprise.

Un porte-parole de Bayer a rejeté ces préoccupations en déclarant que le conseil d’administration de la société “a effectué cette évaluation des risques sur la base d’un processus d’information et de mise à jour qui était à tous égards adéquat pour une acquisition d’une telle ampleur”.

Le porte-parole a poursuivi en disant : “Bien sûr, dans le contexte de l’acquisition, le conseil d’administration a également examiné les risques liés à l’activité glyphosate de Monsanto. Cette évaluation des risques a clairement montré que, lorsqu’ils sont utilisés conformément aux instructions, les produits de Monsanto contenant du glyphosate sont sûrs. Sur la base des avis exprimés par les autorités réglementaires du monde entier et les scientifiques, le conseil d’administration a estimé que les risques juridiques liés à l’utilisation du glyphosate étaient faibles.”

La semaine dernière, le journal français Le Monde a rapporté que Bayer avait engagé le cabinet de relations publiques Fleishman-Hillard pour l’aider à lancer une contre-offensive face aux critiques des médias. Le cabinet aurait compilé une liste de plus de 200 journalistes, politiciens et scientifiques, avec une description détaillée de leurs opinions sur Monsanto. Les listes comprenaient également les numéros de téléphone, les adresses et les intérêts personnels de ces personnes. Ce type d’activité est illégal en vertu de la loi européenne sur la protection des données, de sorte que Bayer a depuis lors pris ses distances par rapport à l’entreprise et a présenté des excuses lorsqu’elle a tenté de lui en imputer la responsabilité.

Lire aussi : Un tribunal français déclare Monsanto responsable des problèmes de santé d’un agriculteur

Source : TruthTheory – Traduit par Anguille sous roche

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