Lune : Quel était son rôle dans les croyances des peuples anciens ?


L’énigmatique Lune a toujours fasciné l’humanité. Sa brillante présence dans le ciel nocturne, était le symbole de l’espoir et de l’illumination.

Lune,croyances,peuples,anciens

Aussi souvent qu’avec le Soleil, la Lune était aussi associée à la naissance, à la mort, à la résurrection et au symbole de fertilité. On croyait que la Lune contrôlait l’eau, nos rêves et surtout son côté obscur était relié à l’occulte.

La migration cyclique de la Lune à travers le ciel et sa forme toujours changeante étaient, dans les premières sociétés, un symbole puissant du cycle de vie humain. De la nouvelle Lune à la pleine Lune, chaque phase a reçu une signification particulière, tout comme les éclipses lunaires. En plus de son influence sur la marée, le temps et la vie en général, on disait que la Lune contrôlait aussi le destin des gens.

On a toujours cru que les phases de la Lune influençaient les événements sur Terre : non seulement le flux et le reflux des marées, mais aussi les saignées et les coupes de cheveux étaient planifiées en fonction du cycle lunaire.

Partout dans le monde, les cultures ont développé des mythes sur les observations solaires et lunaires. Beaucoup croyaient qu’elles empêchaient les catastrophes naturelles ou la mort de membres de la royauté. Dans certaines cultures asiatiques, on croyait que les observations lunaires étaient causées par des démons ou des dragons qui avalaient la Lune.

Dans de nombreuses cultures antiques, le va-et-vient de la Lune et le retour inévitable de la même forme lunaire constituent un symbole frappant pour les philosophes dont les théories combinent la mort et la renaissance.

Lune,croyances,peuples,anciens

Gauche : Prédiction de la fertilité à l’aide des phases de la Lune ; Droite : Dieu lunaire Chandra, Tibet

La pleine Lune (comme le cercle) était un symbole d’intégrité et de force. Généralement, la Lune était considérée comme une “femme”, comme le récepteur de la lumière du Soleil, mais aussi en raison de la similitude entre le mois lunaire et le cycle menstruel. Les Chinois l’associaient aussi au yin et à la féminité. Dans leur système yin-yang, il y a de la masculinité dans la Lune et de la féminité dans le Soleil également. Ainsi, la Lune est femme en déclin et homme en croissance.

En Corée, comme en Chine, il y a un mythe sur un archer qui abat des corps célestes indésirables (un Soleil et une Lune). Chez les Khmers, on croyait que la Lune, protectrice des humains par sa faible luminosité nocturne, traversait le ciel chaque nuit avec un magnifique char en argent.

Pour les bouddhistes, la Lune représente la force spirituelle. Le mois de la récolte (pleine Lune près de l’équinoxe d’automne) symbolise la fertilité des champs.

Les Indiens Chumash de la côte californienne ont vu la Lune comme un dieu féminin chargé de la santé humaine. Chez les anciens Égyptiens, la Lune était soit Thot, le dieu de la sagesse et de l’écriture, soit Khonsou, guérisseur, protecteur mais aussi figure énigmatique avec son côté obscur.

Les Grecs de l’Antiquité avaient une divinité lunaire, Sélène, qui était associée au mot “selas” qui signifie aussi “lumière”, et Artémis, déesse de la Lune et sœur jumelle d’Apollon.

Les Mayas croyaient en la déesse Ixchel qui était associée à la Lune, à la médecine, à l’accouchement et au tissage. Ixchel était la mère des Bacabs, quatre frères que l’on croyait être les quatre dieux atlantes – les géants. Chez les Mayas, la Lune a eu une forte influence sur les événements terrestres. Une Lune croissante avait les attributs de la belle femme idéale, tandis qu’une Lune décroissante était considérée comme une vieille femme divine qui gouvernait l’accouchement.

Les anciens Aztèques croyaient que les mouvements quotidiens de la Lune et du Soleil symbolisaient la lutte. Leur déesse lunaire était Coyolxauhqui, qui était aussi la sœur du dieu Soleil, Huitzilopochtli. On dit qu’elle est apparue dans le ciel quand son frère lui a coupé la tête et l’a jetée dans le ciel pour former la Lune.

Lune,croyances,peuples,anciens

Ancienne déesse de la Lune, dont le nom vient du mot latin luna qui signifie “lune”. Son nom forme également la racine des mots anglais ‘lunar’ et ‘lunatic’.

Il est intéressant de noter qu’en 1978, une pierre aztèque circulaire sculptée, représentant l’être mythique Coyolxauhqui démembré et décapité, a été découverte accidentellement dans les ruines du Templo Mayor ou Tenochtitlan, maintenant à Mexico City.

Dans les traditions anciennes du Pérou, le culte de la Lune était subordonné à celui du Soleil, écrit le chroniqueur et écrivain inca Garcilaso de la Vega (1539-1616). Il nomma la Lune “la femme du Soleil” et décrivit que les murs, à l’intérieur du temple lunaire, étaient recouverts d’argent “afin que leur blancheur puisse immédiatement proclamer ceci la chambre de la Lune”. La Lune était la sœur et l’épouse du soleil ainsi que la mère du Roi et de toute la race, et était donc appelée “Mamaquilla” (ou “Mère Lune” – Mama Killa). Dans la mythologie inca, elle était la troisième puissance et déesse de la Lune.

Le chroniqueur a aussi mentionné qu’il n’y avait pas de sacrifices pour la Lune comme ceux pour le Soleil. “De chaque côté de la figure représentant la Lune se trouvaient les corps des reines défuntes des Incas, classés par ordre d’âge et de succession royale.”

Lire aussi : Les humains ont bâti des sociétés complexes avant d’inventer des dieux moraux

Source : Ancient Pages – Traduit par Anguille sous roche

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *