Le trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique a atteint sa plus petite taille depuis son apparition


Le trou dans la couche d’ozone, au-dessus de l’Antarctique, a atteint son plus petit pic annuel jamais enregistré (son suivi a commencé en 1982) selon une annonce faite lundi par l’agence américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et la NASA.

Chaque année, un trou dans la couche d’ozone se forme à la fin de l’hiver dans l’hémisphère sud lorsque les rayons solaires alimentent des réactions chimiques entre les molécules d’ozone et les composés artificiels du chlore et du brome. Les gouvernements du monde entier travaillent ensemble pour réduire les produits chimiques appauvrissant la couche d’ozone qui sont à l’origine de ce trou, et cela aide certainement.

Cependant, les deux agences préviennent que nous sommes encore loin de résoudre le problème. Le petit pic à la surface du trou d’ozone provient probablement de températures exceptionnellement douces dans cette couche de l’atmosphère observée cette année, ajoutent-ils.

La NASA et la NOAA expliquent que le trou dans la couche d’ozone consiste en une zone d’ozone fortement appauvrie dans la partie supérieure de la stratosphère. Il est centré sur l’Antarctique, entre 11 et 40 kilomètres au-dessus de la surface. À sa plus grande superficie enregistrée en 2019 (image d’entête), le trou s’est étendu sur 16 millions de kilomètres carrés (8 septembre) et a ensuite rétréci à moins de 10 millions de km2 (pendant le reste des mois de septembre et octobre). Même si cela reste énorme, c’est mieux qu’avant.

Selon la NASA :

Au cours des années où les conditions météorologiques sont normales, le trou dans la couche d’ozone s’étend généralement jusqu’à un maximum d’environ 20 millions de km2.

C’est la troisième fois en 40 ans que nous assistons à un phénomène similaire, le ralentissement de la perte d’ozone stratosphérique par les systèmes météorologiques. Des pointes inférieures à la moyenne dans la taille du trou ont également été enregistrées en 1988 et 2002.

La couche d’ozone de la stratosphère aide à dévier le rayonnement ultraviolet (UV) provenant du soleil. C’est une très bonne nouvelle si vous aimez vivre, car les rayons UV sont très intenses et nocifs pour l’ADN des organismes vivants. L’exposition aux UV peut provoquer des cancers de la peau ou des cataractes chez les animaux et endommager la flore.

De nombreux produits chimiques autrefois utilisés pour la réfrigération, dont les chlorofluorocarbures (CFC) et les hydrofluorocarbures (HFC), décomposent les molécules d’ozone dans la stratosphère, ce qui expose la surface à de plus grandes quantités d’UV. Ces composés peuvent durer plusieurs décennies dans l’atmosphère et sont extrêmement nocifs pour l’ozone pendant cette période, se décomposant en de grandes quantités.

L’humanité s’est unie pour contrôler la production et le rejet de ces produits chimiques en vertu du Protocole de Montréal de 1988, qui a considérablement réduit les émissions mondiales de CFC. La couche d’ozone s’est progressivement reconstituée depuis, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Selon Susan Strahan, spécialiste de l’atmosphère au Goddard Space Flight Center de la NASA dans le Maryland :

C’est un événement rare que nous essayons encore de comprendre. Si le réchauffement ne s’était pas produit, nous serions probablement en présence d’un trou d’ozone beaucoup plus typique.

Les réactions qui décomposent l’ozone se produisent le plus à la surface des nuages de haute altitude, mais les températures plus douces que la moyenne au-dessus de l’Antarctique cette année ont inhibé la formation des nuages et accéléré leur dissipation, explique la NASA. Comme il y avait moins de nuages pour soutenir ces réactions, une quantité considérable d’ozone a été épargnée. La NOAA signale qu’il n’y a pas eu cette année, au-dessus du continent gelé, de zones où l’ozone était totalement absent.

Le réchauffement, sous la forme d’un “réchauffement soudain de la stratosphère”, a été exceptionnellement fort cette année, ajoute la NOAA. Les températures en septembre ont été de 16˚C plus chaude qu’à l’habitude (à 19 km d’altitude) en moyenne, “ce qui a été, selon la NASA, de loin, le plus chaud des 40 ans de l’histoire de septembre”.

L’air plus chaud a affaibli le vortex polaire de l’Antarctique, un rapide courant d’air qui entoure le pôle Sud et qui maintient généralement l’air le plus froid près ou au-dessus du pôle, ce qui l’a considérablement ralenti (de 260 à 107 km/h en moyenne). Cela a permis à l’air de descendre plus bas dans la stratosphère, où il s’est réchauffé et a inhibé la formation des nuages. Il est également probable qu’il a permis à l’air riche en ozone provenant d’autres parties de l’hémisphère Sud d’y pénétrer.

Annoncée sur le site de la NASA : 2019 Ozone Hole is the Smallest on Record Since Its Discovery et de la NOAA : The 2019 ozone hole is the smallest ever recorded.

Lire aussi : Nous savons enfin d’où viennent les produits chimiques scandaleux qui détruisent l’ozone

Source : GuruMeditation

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