L’histoire du Déluge à Babylone pourrait présenter le plus vieil exemple de fake news


Selon un assyriologue, un “dieu tricheur” a utilisé des fake news dans l’histoire babylonienne de “Noé”.

Un des premiers exemples de fake news a été trouvé dans l’histoire babylonienne de l’Épopée de Gilgamesh, relatant le Déluge ; une inscription cunéiforme vieille de 3 000 ans qui aurait inspiré l’histoire biblique de l’Arche de Noé apparaissant dans la Bible.

Comme l’a récemment révélé un universitaire de Cambridge, neuf lignes gravées sur d’anciennes tablettes d’argile qui racontent l’Épopée de Gilgamesh peuvent maintenant être comprises de manières très différentes. La nouvelle recherche du Dr Martin Worthington, qui analyse le jeu de mots de l’histoire, a découvert le double langage d’un dieu babylonien nommé Ea, qui était motivé par son propre intérêt.

Le professeur Worthington, membre du St. John’s College de l’Université de Cambridge et expert en assyriologie spécialisé dans la grammaire, la littérature et la médecine babyloniennes, assyriennes et sumériennes a déclaré : “Ea trompe l’humanité en diffusant de fausses informations. Il dit au babylonien Noé, appelé Uta–napishti, de promettre à son peuple que la nourriture pleuvra du ciel si ils l’aident à construire l’Arche. Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que le message d’Ea sur neuf lignes est une combine : c’est une série de sons qui peuvent être interprétés de manière tout à fait distincte, comme ‘Ice Cream’ en anglais et ‘I scream’.”

Tablette d’argile néo-assyrienne. L’Épopée de Gilgamesh. Crédit image : Wikimedia Commons.

“Alors que le message d’Ea semble promettre une pluie de nourriture, sa signification cachée prévient du Déluge. Une fois l’Arche construite, Uta-napishti et sa famille montent à bord et survivent avec une ménagerie d’animaux. Tout le monde se noie. Avec cet épisode précoce, qui se situe dans le temps mythologique, la manipulation de l’information et du langage a commencé. Il s’agit peut-être du tout premier exemple de fake news”, a expliqué le Dr Worthington dans une déclaration de l’Université de Cambridge.

La tablette du mythe de l’inondation de Gilgamesh est conservée au British Museum et porte des parties de l’histoire de l’Épopée de Gilgamesh. Elle a été découverte en 1872 par l’assyriologue George Smith.

L’importance de la tablette d’argile réside dans sa ressemblance avec l’histoire de l’Arche de Noé. Bien que dans la tablette d’argile vieille de 3000 ans, plusieurs dieux furent impliqués dans le Déluge, l’histoire elle-même est très similaire.

De plus, l’histoire babylonienne a un personnage qui porte un nom différent de celui de Noé, mais les éléments clés de l’histoire restent les mêmes : des animaux ont été emmenés à bord d’une “arche” avant que le déluge n’emporte le pays.

Comme l’ont révélé les érudits, l’histoire ancienne du déluge de Gilgamesh est connue pour ses tablettes d’argile remontant à plus de 3 000 ans.

Selon l’universitaire de Cambridge, la duplicité d’Ea est, en fait, une histoire qui peut être interprétée de différentes manières. Ses découvertes ont été publiées dans un nouveau livre intitulé Ea’s Duplicity in the Gilgamesh Flood story.

Dans ce livre, le Dr Worthington explore la supercherie d’Ea qui est connu comme le dieu de l’artisanat et le dieu de l’illusion.

La nouvelle recherche se concentre sur neuf lignes spécifiques de l’histoire vieille de 3 000 ans, qui, selon le Dr Worthington, peuvent être interprétées de diverses façons contradictoires.

“Les lignes d’Ea sont une ruse verbal pouvant être comprise de différentes manières qui sont phonétiquement identiques. En plus de la lecture positive évidente de la nourriture prometteuse, j’ai trouvé plusieurs négations qui préviennent de la catastrophe imminente. Ea est clairement un maître orfèvre des mots capable de comprimer plusieurs significations simultanées en une seule énonciation trompeuse”, explique le Dr Worthington.

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Source : Curiosmos – Traduit par Anguille sous roche

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