Ces anciennes poussières témoignent d’un probable « baby boom » d’étoiles il y a 7 milliards d’années


De très anciennes poussières ont été découvertes dans une météorite tombée sur Terre. Elles permettent aux scientifiques d’estimer qu’un « baby boom » d’étoiles s’est probablement produit il y a 7 milliards d’années.

De la poussière d’étoiles a été découverte dans une météorite tombée en Australie il y a 50 ans. Cette matière permet aux chercheurs d’estimer qu’il y a sans doute eu une période de formation intensive d’étoiles il y a 7 milliards d’années. La poussière, qui s’est formée il y a entre 5 et 7 milliards d’années, est aussi le matériau solide le plus ancien découvert sur la Terre. La découverte a été annoncée dans la revue PNAS le 13 janvier 2020.

« Les grains pré-solaires [ndlr : des minéraux formés avant la naissance de notre Soleil] sont les échantillons solides datables les plus anciens disponibles et fournissent un aperçu inestimable de la chronologie pré-solaire de notre galaxie », écrivent les auteurs de l’étude. Ces poussières représentent une opportunité rare d’étudier la manière dont se sont formées les étoiles dans la galaxie.

Les grains pré-solaires étudiés. // Source : PNAS (photo recadrée et modifiée)

« La poussière interstellaire est une composante importante de notre galaxie, rappellent les auteurs pour introduire leur étude. Elle influence la formation des étoiles ainsi que l’évolution thermique et chimique de la galaxie. » Cette poussière peut même contenir des éléments qui contribuent à la formation de planètes de type terrestre et jouent un rôle dans l’apparition de la vie. Puisque « la poussière interstellaire est un ingrédient clé des étoiles et des systèmes planétaires habitables », les scientifiques sont désireux d’en savoir davantage sur sa composition.

Des grains difficiles à trouver

Toute la difficulté est cependant de trouver les fameux grains pré-solaires. Les matériaux qui ont été analysés pour cette étude étaient logés dans un morceau de la météorite de Murchison, qui est détenu par le musée Field (Chicago). Cette météorite est tombée en 1969 près de Murchison, un village australien. Cette météorite a permis de comprendre que des molécules organiques peuvent se former dans l’espace — ce qui soulève l’hypothèse qu’une matière extraterrestre aurait pu amener la vie sur Terre, par exemple.

Grâce à des procédés chimiques, les scientifiques ont isolé les grains pré-solaires que ce morceau contenait. Ils étaient présents en plus grande quantité que ne l’avaient attendu les scientifiques. C’est pourquoi ils en déduisent qu’il y a certainement eu une période, il y a 7 milliards d’années, lors de laquelle les étoiles se sont formées en très grande quantité. L’événement aurait ressemblé à une sorte de « baby boom » étoilé, pour reprendre l’expression employée par le musée Field.

L’analyse a révélé que ces grains « étaient restés inchangés depuis leur incorporation dans le corps parent de la météorite au début du système solaire il y a 4,6 milliards d’années », indiquent les auteurs. Plus encore, elle a révélé que ces grains ont nécessairement une origine antérieure au système solaire.

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Source : Numerama par Nelly Lesage

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