Amazon demande aux autorités US l’autorisation de lancer 3236 satellites pour offrir l’internet à haut débit


Veut-il concurrencer Space X ?

Cette semaine, le géant américain du commerce électronique a fait un pas de plus dans sa conquête de l’espace. En effet, Amazon a demandé aux autorités américaines l’autorisation de procéder au lancement de 3236 satellites Internet dans le cadre de son projet Kuiper annoncé en avril dernier. Le projet Kuiper prévoit le lancement d’une flotte d’environ 3236 satellites à basse altitude pour offrir l’Internet haut débit partout dans le monde. « Le projet Kuiper est une initiative visant à lancer une constellation de satellites en orbite terrestre basse qui offrira une connectivité haut débit à faible temps de latence aux communautés non desservies et sous-desservies du monde », avait annoncé Amazon il y a environ quatre mois.

Amazon lance-t-il la concurrence à SpaceX ? Cela paraît tout à fait évident, car le projet du patron mondial de l’e-commerce possède les mêmes traits de caractéristiques que celui de SpaceX d’Elon Musk. Autrement dit, le projet Kuiper d’Amazon décrit les mêmes objectifs que le projet Starlink de SpaceX. Dans un cas comme dans l’autre, les deux entreprises ont témoigné leur ambition de fournir l’Internet à haut débit dans toutes les régions du monde, à l’aide de satellites lancés à basse altitude, en orbite autour de la terre. Si Amazon vient de demander l’approbation des autorités américaines pour démarrer la phase de lancement de ses satellites, SpaceX lui, a déjà commencé depuis mai dernier le déploiement de ses satellites Internet.

Dans la nuit du 23 juin 2019, Elon Musk et SpaceX ont procédé au lancement en orbite terrestre basse de la première flotte composée de 60 satellites du projet Starink. Les 60 satellites d’une masse de 227 kilogrammes chacun ont été lancés et mis en orbite terrestre basse dans la nuit jeudi 23 au vendredi 24 mai 2019, à partir de la base aérienne de Cap Canaveral en Floride. Les 60 satellites représentent la première flotte d’une constellation d’environ douze mille satellites pour le projet Starlink, le projet par lequel Elon Musk entend fournir l’Internet à haut débit depuis l’espace à toutes les régions du monde. Pour la circonstance, Musk et SpaceX ont expliqué que significativement, les 60 satellites ne représentaient pas grand-chose pour l’instant.

D’après eux, il faudra attendre encore au moins six lancements supplémentaires (environ 400 satellites) pour espérer offrir un service Internet minimum. Ils ont aussi annoncé qu’il faudrait probablement au moins 12 lancements de plus, portant des charges utiles similaires pour que l’entreprise puisse assurer une couverture Internet constante dans la plupart des pays du monde. Il y a quelques jours, l’entreprise a annoncé être en parfaite communication avec tous ses satellites sauf 3 des 60 qui ont été lancés. Musk avait tout de même précisé que ce projet lui permettrait de récolter les fonds nécessaires pour sa vision de l’espace, en particulier celle de coloniser la planète Mars.

Cela dit, Elon Musk et les siens vont devoir désormais faire face à une grande concurrence sur ce nouveau marché si la FCC approuve la demande d’Amazon. L’entreprise a demandé aux États-Unis l’autorisation de lancer 3236 satellites de communication, rejoignant ainsi une nouvelle course à l’espace pour offrir un service Internet haut débit à basse orbite et défier la flotte prévue par SpaceX d’Elon Musk. Dans un communiqué cette semaine, Amazon a annoncé à la FCC (Federal Communications Commission) que ses satellites fourniraient le haut débit à des dizaines de millions de consommateurs et d’entreprises qui ne disposent pas d’un accès adéquat à Internet.

La FCC a déjà donné en avril dernier le feu vert à SpaceX pour le lancement de ces satellites. La FCC a déjà approuvé près de 13 000 satellites en orbite terrestre basse. Ceux-ci incluent les 11 943 de SpaceX. Il faut noter que sur une orbite terrestre basse, avec des altitudes de de 180 à 2000 kilomètres, les satellites doivent parcourir le globe pour rester en altitude et effectuer des orbites en 90 minutes à peine. À mesure que l’on se dirige vers l’horizon, il transfère les signaux au prochain satellite qui passe. De nombreux satellites sont nécessaires si l’objectif est une couverture continue et étendue.

Pour sa part, Amazon a déclaré que ses satellites seraient exploités à des altitudes d’environ 590 à 630 kilomètres. Selon Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, ce projet va coûter plusieurs milliards à l’entreprise. « C’est un projet à long terme qui vise à desservir des dizaines de millions de personnes qui n’ont pas un accès de base à Internet haut débit », avait déclaré Amazon dans un communiqué en avril lorsque le projet Kuiper a été rendu public auprès de l’Union internationale des télécommunications. En précision, la société a également indiqué dans son rapport à la FCC qu’elle contribuerait à desservir les communautés américaines « en offrant des services de communications fixes à large bande aux zones rurales et difficiles d’accès ».

À cet effet, la FCC a expliqué que selon une étude réalisée en 2017, 21 % des Américains n’ont pas encore accès au haut débit fixe et résidentiel, et 33 millions d’Américains n’ont pas accès au service mobile rapide. Dans sa demande d’approbation, Amazon a expliqué à son tour que 3,8 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à un service haut débit rapide et fiable. Ainsi, l’entreprise espère que le projet Kuiper aidera les opérateurs de réseaux mobiles à étendre les services sans fil. D’après la société, Kuiper permettra également des « services de connectivité mobile à haut débit pour les aéronefs, les navires, les véhicules terrestres, etc. ».

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Source : Developpez par Bill Fassinou


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