Des chercheurs reconstituent les “plaines perdues” habitées qui reliaient l’Angleterre à l’Europe


Le Royaume-Uni est séparé de l’Europe continentale par ce qui est aujourd’hui la mer du Nord, mais ce ne fut pas toujours le cas.

Jusqu’à il y a 6 500 ans, cette région était essentiellement une vaste prairie appelée Doggerland, habitée par l’homme. Actuellement, les chercheurs cartographient le plancher océanique dans les moindres détails, à la recherche d’objet et d’ADN. La carte en 3D qui en résultera aidera les archéologues à savoir où chercher les habitats.

La grande majorité des structures archéologiques se situent sont souterraine et les chercheurs doivent identifier les sites appropriés, puis effectuer des fouilles délicates et longues, c’est rarement une tâche facile. Il est presque impossible de faire tout cela dans des zones submergées, mais les archéologues sont tenaces.

L’université de Bradford (Angleterre) mène une expédition maritime de deux ans à la recherche d’habitats préhistoriques et submergés dans la région du Doggerland. Cette région qui reliait le Royaume-Uni à l’Allemagne et à la Scandinavie, aurait accueilli plusieurs populations humaines prospères. Cependant, à mesure que la glace fondait à la fin de la dernière période glaciaire, le niveau de la mer a commencé à monter, submergeant lentement le Doggerland et coupant ce qui était auparavant la péninsule britannique de la terre ferme européenne. Vers 6500, le Doggerland a été submergé, bien que la Dogger Bank (indiquée dans la carte ci-dessous), une zone de montagne du Doggerland, soit restée une île jusqu’à au moins 5000 av.JC. De précédentes recherches suggèrent que la Dogger Bank a été habitée jusqu’à la toute fin.

L’étendue du Doggerland en fonction des périodes. (Université de Bradford)

Localisation de la Dogger Bank. (Wikipédia)

L’équipe de Bradford prévoit d’acquérir des données cartographiques sur les fonds marins afin de produire une carte en 3D révélant les rivières, lacs, collines et côtes du pays. La carte sera analysée et les chercheurs retourneront dans les régions les plus prometteuses pour prélever des échantillons/ des carottes de sédiments, qui feront l’objet d’un examen visant à trouver des fragments d’ADN. Ce sera le premier aperçu détaillé que nous aurons de ce continent perdu.

Selon le professeur Vincent Gaffney, de l’université de Bradford :

S’il est possible d’entreprendre des travaux sur le terrain pour localiser un établissement préhistorique sur la Dogger Bank, ce serait un événement majeur. Jusqu’à présent, la plus grande partie du Doggerland a été la terra incognita en termes archéologiques. Si nous pouvions commencer à localiser les colonies de peuplement sur la carte, actuellement vide, du Doggerland, nous ouvririons un nouveau chapitre dans l’exploration archéologique.

Actuellement, l’équipe se concentre sur les domaines les plus prometteurs. Des études récentes menées par des chercheurs de l’université de Gand (Belgique) ont contribué à affiner les recherches en identifiant les systèmes de paléo-rivières traversant le sud de la mer du Nord à la fin de la dernière période glaciaire. À l’aide de cette information, ils ont repéré une région particulière où, selon eux, il y avait autrefois un grand lac, au bord duquel aurait pu se trouver un campement.

Maintenant, l’équipe a aussi besoin d’un peu de chance, et de beau temps. Ils ne peuvent pas vraiment aller creuser sous l’eau, alors ils vont draguer des zones et voir ce qu’ils y trouvent. Même la zone rétrécie à la Dogger Bank est encore assez vaste, alors les chercheurs ne peuvent qu’espérer que leurs estimations soient correctes et qu’ils ne finiront pas les mains vides.

Selon M. Gaffney :

On ne peut pas marcher dans ces champs à la recherche de poteries ou de fragments de pierre, on ne peut pas creuser. Nous allons lâcher des ‘grappins’, ou faire des dragues à très petite échelle, pour voir si nous pouvons trouver des pierres ou des outils, pour nous donner un indice sur ce qui s’y trouve. Il s’agit d’une région de la taille d’un pays européen moderne. Et nous n’en savons presque rien.

Des pêcheurs qui travaillent dans la région ont déjà fait plusieurs découvertes archéologiques ces dernières années, il y a donc lieu d’être optimistes.

Présentée sur le site de l’université de Bradford : Brown Banks and White Cliffs: the search for lost prehistoric settlements in the North Sea et sur le site dédié au projet : Europe’s Lost Frontiers.

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Source : GuruMeditation

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