La viande cultivée en laboratoire bientôt disponible à la consommation aux États-Unis

Le ministère de l’Agriculture (USDA) et la Food and Drug Administration (FDA) américains viennent d’annoncer leur intention de superviser la production de viande cultivée en laboratoire, de manière à pouvoir être vendue en toute sécurité aux consommateurs. Une victoire pour l’environnement et pour la condition animale.

La viande cultivée en laboratoire bientôt sur le marché américain ? Possible. Le ministère de l’Agriculture et la FDA travailleront prochainement de concert pour « promouvoir ces produits alimentaires innovants et maintenir les normes les plus élevées de santé publique ». D’un côté la FDA se chargera de réglementer le cadre des cellules utilisées, et d’autre part le ministère travaillera sur la production et l’étiquetage des produits alimentaires.

Les États-Unis ouvrent la voie

« La transition de la FDA à la surveillance de l’USDA aura lieu au stade de la récolte cellulaire, peut-on lire dans un communiqué. Ce cadre réglementaire tirera parti à la fois de l’expérience de la FDA en matière de régulation de la technologie de culture cellulaire et des biosystèmes vivants, et de l’expertise de l’USDA en matière de réglementation du bétail et de la volaille pour la consommation humaine. L’USDA et la FDA sont convaincus que ce cadre réglementaire peut être mis en œuvre avec succès et assure la sécurité de ces produits. »

Viande in vivo

Mais alors, comment fabrique-t-on de la viande in vivo ? « Le principe est assez simple », détaillait il y a quelques mois dans Libération Yaakov Nahmias, professeur à l’Université de Jérusalem, cofondateur et directeur de SuperMeat, entreprise qui développe de la viande en laboratoire. « On extrait des cellules souches de poulets pour les faire se développer en dehors de l’animal dans une boîte de Petri. » Et si l’idée de viande artificielle peut au premier abord en rebuter quelques-un·e·s, il ne fait aucun doute que l’humanité devra passer par-là si elle veut continuer à se nourrir de chair animale.

la viande cultivée

Élevage bovin aux États-Unis. Crédits : Greenpeace

Réchauffement climatique

Une récente analyse suggérait en effet il y a quelques semaines à peine que la consommation de viande devrait augmenter fortement à mesure que la population mondiale continuera de croître (nous devrions atteindre les 9 milliards d’habitants d’ici 2050). Seulement, la production de viande est l’une des industries les plus énergivores de la planète (besoin en terres, en céréales et en eau), plus polluante que tous les transports réunis.

Condition animale

Enfin, la viande cultivée en laboratoire présente également un sérieux avantage en matière de condition animale. Rappelons que plus de 60 milliards d’animaux sont abattus chaque année pour la consommation humaine (3 millions en France chaque jour). Seulement, les cadences actuelles pour répondre à la demande impliquent malheureusement beaucoup de « ratés » dans le processus d’abattage. Elles ne s’accordent pas non plus avec l’éthique que l’on est en droit d’exiger envers des êtres doués de sensibilité. En témoignent les récentes vidéos filmées par PETA dans les abattoirs français.

Lire aussi : La viande “propre” cultivée en laboratoire pourrait entrer sur le marché alimentaire d’ici la fin 2018

Source : SciencePost

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *