Le FBI veut renforcer son niveau de surveillance des médias sociaux en collectant plus de données, dont les identifiants et les numéros de téléphone

La confidentialité devient une denrée de plus en plus rare sur Internet et la surveillance de masse a, semble-t-il, pris de l’ampleur depuis quelques années dans certains pays comme la Chine et les États-Unis.

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Tout récemment, le FBI a annoncé son intention d’accroître son niveau de surveillance des médias sociaux. Le service de renseignement intérieur des États-Unis a l’intention de récolter plus d’informations sur les réseaux sociaux, y compris désormais les emails, les identifiants des utilisateurs, les adresses IP ou encore les numéros de téléphone. Pour cela, il a lancé un appel d’offres aux entreprises de l’IT pour la mise en place d’un nouvel outil de surveillance des médias sociaux.

Le service de renseignement intérieur américain a récemment lancé un appel d’offres à destination des acteurs de l’IT dans l’optique de mettre en place un outil de surveillance des réseaux sociaux et autres sites communautaires. Selon l’offre présentée par le FBO (Federal Business of Opportunities), il recherche un « outil d’alerte précoce » qui lui permettra de surveiller les groupes terroristes, les menaces nationales, les activités criminelles, avec la capacité de récolter une multitude d’informations. Ces informations contiennent des données sensibles telles que les adresses électroniques, les identifiants des utilisateurs, les adresses IP ou encore les numéros de téléphone.

Pour le FBI, l’idée derrière cette surveillance de masse des médias sociaux est de pouvoir détecter à temps et d’atténuer les menaces multiformes. Cet outil permettra également au FBI de suivre les personnes en fonction de leur emplacement, d’activer la surveillance permanente des mots clés et de fournir un accès à l’historique des médias sociaux. Selon les clarifications du FBO, cette exploitation critique des médias sociaux permettra au FBI de détecter, perturber et enquêter sur un éventail de plus en plus diversifié de menaces pour les intérêts nationaux américains. Bien sûr, a-t-il poursuivi, le FBI mènera cette surveillance tout en garantissant le respect de la vie privée et des libertés.

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« Le Federal Bureau of Investigation (FBI) a l’intention d’attribuer un contrat ferme à prix fixe afin d’acquérir des services d’abonnement à un outil d’alerte précoce des médias sociaux afin d’atténuer les menaces multiformes, tout en garantissant le respect de toutes les exigences en matière de respect de la vie privée et des libertés », a clarifié le Federal Business of Opportunities. Cependant, malgré les garanties de ce dernier, l’on ne cesse de penser qu’un outil de surveillance de cette ampleur ne respecte pas du tout la confidentialité d’Internet, la vie privée des personnes, ni les libertés individuelles.

L’on estime qu’aux USA, le gouvernement n’a pas une bonne cote de popularité en matière de surveillance des médias sociaux. En 2016, le FBI et la NSA avaient été accusés d’avoir collaboré avec Yahoo pour pirater les emails des clients de ce dernier. Après une grande violation de données en 2016, des employés de Yahoo familiers aux pratiques de sécurité de la société avaient insinué par leurs témoignages que Yahoo aurait été le premier responsable de la brèche de sécurité. En fait, la société se serait conformée à une demande du gouvernement des États-Unis, en analysant des centaines de millions de comptes Yahoo Mail à la demande de la NSA ou du FBI.

Ce qui avait confirmé à l’époque les inquiétudes de nombreux internautes sur le fait que certains fournisseurs de services Web aident le gouvernement américain à espionner leurs clients. Mais le cas de Yahoo apparaissait comme étant le premier où le fournisseur a été profondément impliqué au point de concevoir un outil pour aider les agences d’espionnage à surveiller les messages des utilisateurs. De plus, certains estiment que depuis 2016, les choses ont considérablement changé lorsque le gouvernement a adopté la loi permettant au FBI de pirater n’importe quel dispositif dans le cadre d’une enquête.

En effet, en 2016 le gouvernement américain a adopté une loi qui conférait désormais au FBI le pouvoir de pirater n’importe quel dispositif situé dans le pays et potentiellement à l’étranger dans le cadre d’une enquête fédérale. Ce changement permet en effet à un juge fédéral de délivrer un mandat de perquisition au FBI et à ses pairs pour pirater des dispositifs en dehors de sa juridiction. En principe, les magistrats peuvent ordonner des perquisitions uniquement dans la juridiction de leur cour, qui est généralement limitée à quelques comtés. Selon eux, il n’y a que sur le papier que ces outils ou plateformes de surveillance de masse respectent la confidentialité et la vie privée des populations.

Cela dit, d’autres voient la chose comme un couteau à double tranchant. D’après eux, surveiller les menaces des médias sociaux est logique, dans une certaine mesure, et d’autres agences de renseignement comme la CIA investissent déjà beaucoup dans leurs propres outils de surveillance des réseaux sociaux. Néanmoins, il existe un risque qu’un tel outil puisse être utilisé de manière abusive par le pouvoir et violer les libertés civiles.

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Sources : Developpez par Bill FassinouFBO

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