DARPA : l’armée américaine se lance dans le développement d’une technologie sans fil, permettant de contrôler des armes avec votre esprit

DARPA a l’intention de connecter le cerveau humain aux machines via une technologie sans fil, permettant ainsi aux soldats de contrôler pleinement les systèmes d’armes, de voir ou de ressentir des choses à distance.

Les hautes technologies, notamment en matière d’informatique, dans leur démarche la plus perfectionnée, ont toujours été réservées au secteur militaire avant d’être étendues au domaine civil. Cette pensée est davantage consolidée grâce à ce projet de l’agence du département de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire (DARPA).

Même si certains voient le projet comme une science-fiction, il faut noter que les scientifiques ont déjà fait des progrès dans le domaine. Au début des années 2010, les chercheurs de l’Université de Berkeley ont mis au point un système permettant de capturer l’activité visuelle dans le cerveau humain, de le reconstruire sous forme de clips vidéo numériques, de l’enregistrer et de reconstruire ses propres rêves sur un écran d’ordinateur. Plus récemment, en mars de cette année, des scientifiques de l’Université de Washington et de l’Université Carnegie Mellon ont créé un système d’interface cerveau à cerveau qui permet à une ou plusieurs personnes, appelées « expéditeurs », d’influencer les décisions d’un individu, appelé « récepteur », dans le but d’aider les utilisateurs.

L’agence de recherche est déterminée à faire aboutir ce projet dénommé N3 Neurotechnologie non-chirurgical de nouvelle génération. Selon cette dernière, ce projet vise à « créer des interfaces neuronales fiables sans intervention chirurgicale, ni électrodes implantées. » Détaillée dans les résultats de la recherche publiés ce mois sur son site, la technologie doit être « lue et écrite », ce qui signifie qu’elle sera bidirectionnelle. Elle sera non seulement utilisée par les soldats pour contrôler des drones, mais également pour intégrer des informations sensorielles dans le cerveau des personnes, leur permettant ainsi de se sentir sous pression ou de voir les choses.

Outre l’Université de Rice, ayant bénéficié du financement de la DARPA pou N3, le projet donnera des millions de dollars aux laboratoires de l’Université Carnegie Mellon, Johns Hopkins, du Centre de recherche Palo Alto, du Battelle Memorial Institute.

Comme indiqué sur son site, DARPA envisage deux solutions pour y parvenir. L’une est totalement non invasive et elle utilisera quelque chose de similaire à un casque, un diadème ou un autre appareil pour transmettre des ondes radiofréquences qui transmettront des informations à l’intérieur et à l’extérieur du cerveau. Ce système comprendra des algorithmes de décodage et de codage des signaux moteurs et cognitifs du cerveau, affectant des zones spécifiques du cerveau.

L’autre est appelée « interfaces neuronales extrêmement invasives », ce qui obligera le sujet à absorber une substance dans son corps, que ce soit par voie orale, par le biais d’un spray nasal ou par un autre mécanisme comme les injections. Au lieu d’affecter des zones du cerveau, la DARPA s’attend à ce que cela fonctionne à la résolution d’un neurone, en se connectant à chacun d’eux individuellement. L’agence prévoit que cette méthode pourrait atteindre dix degrés de liberté.

DARPA et les limites de la science

S’il est vrai que la DARPA est à l’origine de certaines des inventions les plus intéressantes de ce siècle, tel qu’Internet, il est également prudent de dire que la DARPA abrite certaines innovations assez sombres et terrifiantes. Son important budget annuel et son absence totale de responsabilité légale vis-à-vis de qui que ce soit intriguent bien de personnes. Par la charte et par la loi, la DARPA ne répond à quasiment personne. Et ce degré incroyable d’indépendance leur permet d’agir rapidement, de prendre des risques audacieux et de poursuivre leurs objectifs en utilisant tous les moyens technologiques nécessaires.

En tant qu’organisme gouvernemental, ils sont exemptés de certaines lois fédérales qui les empêcheraient normalement d’embaucher et de gérer du personnel, ce qui signifie que le Congrès leur a en général donné le feu vert pour financer tous les projets qu’ils souhaitent, travailler sur ce qu’ils veulent et employer ceux qu’ils veulent. En conséquence, la DARPA a produit des innovations étonnantes, à la fois de manière indépendante et par le biais de tiers capables de produire des résultats.

Les ambitions de DARPA n’ont pas toujours fait l’unanimité. Dans un article publié sur le site du célèbre journal international des sciences « Nature », il en ressort que l’agence fait l’objet de beaucoup de critiques du fait de ses projets qui peuvent être décrits comme absurdes ou sinistres, de ses méthodes de financement capricieuses et de son image de « boîte noire ». En effet, les décisions en matière de financement sont déterminées non pas par des pairs, mais par les caprices des responsables de programmes, généralement détachés des milieux universitaires ou industriels. Leur mission consiste exclusivement à appuyer la recherche imaginative, créative et à haut risque dans l’intérêt de la défense des États-Unis. Indique ledit article.

Lire aussi : Le DARPA parvient à contrôler des essaims de drones par télépathie

Sources : Developpez.com par BrunoDARPA, Nature

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *