Dès l’an prochain, les propriétaires de Tesla pourront faire de leur voiture des taxis autonomes, selon Elon Musk


À Wall Street et un peu partout aux États-Unis, Elon Musk, le patron de Tesla est connu pour ses idées souvent un peu hors de l’imaginable.

The Guardian rapporte cette semaine que l’idée que Musk a énoncée dernièrement est tout aussi qualifiable d’une idée démesurée que d’une idée très alléchante pour les amoureux de voitures autonomes de la marque Tesla. Elon Musk a en effet émis l’idée selon laquelle d’ici la fin de l’année prochaine, les propriétaires de voiture autonomes Tesla seront en mesure de transformer leurs voitures en des « robots taxis » et les faire travailler quand ils seront au bureau afin de gagner des revenus supplémentaires. Autrement dit, votre voiture autonome Tesla sera en mesure de travailler pour vous lorsque vous n’êtes pas en train de l’utiliser pour vos propres besoins.

Les sorties, les interviews, les tweets ou les simples propos du patron de Tesla Motors, Elon Musk, sont presque toujours à analyser avec soin ou prendre avec le plus de modération possible, a tenté d’expliquer le quotidien britannique The Guardian. Selon le quotidien, Musk n’est pas vraiment l’entrepreneur modèle de Wall Street, mais il peut faire partie de ceux qui parfois ont des idées futuristes des plus intrigantes. Néanmoins, ce dernier est tout aussi capable de s’attirer à lui tout seul la colère de la US Securities and Exchange Commission (SEC) pour écoper par la suite d’une amende qu’il aurait pu bien éviter.

À Wall Street, il semblerait que l’on pense que Musk est trop volatile pour être à la tête d’une grande entreprise publique potentiellement importante. Le point de vue des organismes de bienfaisance porte moins de jugement, a rapporté The Guardian. Selon ces derniers, même s’il (Elon Musk) a une courte fusée, il est aussi un perturbateur surdoué et visionnaire. Cependant, a expliqué le journal, même ceux qui adoptent cette attitude tolérante ont été surpris lorsqu’il a déclaré lors d’une récente manifestation publique qu’il pourrait y avoir « un million de robots taxis sur les routes américaines et les routes européennes d’ici la fin de l’année 2020 ».

« À partir de l’année prochaine, les personnes possédant une voiture autonome Tesla pourront activer un commutateur dans l’application Tesla et envoyer leurs voitures faire du taxi ou effectuer d’autres courses pour eux », a-t-il déclaré. En d’autres termes, Elon Musk veut faire en sorte que votre voiture autonome Tesla puisse vous faire gagner de l’argent quand vous êtes occupés par autre chose, quand vous dormez, ou quand vous ne l’utilisez tout simplement pas. Musk prévoit que les propriétaires de Tesla pourront actionner un commutateur qui transformera leur voiture en un véhicule autonome pouvant fonctionner comme un taxi (et donc comme une source de revenus) quand elle n’est pas nécessaire.

« La voiture autonome Tesla est garée en moyenne environ 22 heures par jour », a-t-il déclaré. Et donc pour lui, cette nouvelle capacité des voitures autonomes de la firme permettra à ses clients de s’en mettre plein les poches. Il a expliqué que les propriétaires de voitures Tesla pourront envoyer leurs voitures embarquer et débarquer de manière autonome, en obtenant un prix de déplacement d’environ 65 cents pour un kilomètre parcouru. De cette manière, a-t-il continué, les propriétaires pourraient gagner environ 30 000 $ en recettes brutes par an avec leurs voitures, soit plus de 300 000 $ de revenus sur la durée de vie de leurs voitures qui est de onze ans. Tesla Motors possède-t-il les capacités pour offrir un tel service ?

Jusqu’à présent des questionnements cherchent toujours à savoir si Tesla est en mesure d’apporter une conduite véritablement autonome à la fin de cette année comme l’a promis Elon Musk en février dernier. Cela dit, les récentes informations ne confirment pas vraiment le fait que Tesla ait dépassé l’étape du système d’aide à la conduite. En effet, le logiciel Autopilot de l’entreprise est à ce jour considéré comme un système avancé d’aide à la conduite par beaucoup de personnes et par l’entreprise elle-même. Alors, le patron de Tesla, Elon Musk a-t-il raison de faire encore une telle promesse alors qu’il n’a pas encore tenu la première faite il y a trois mois de cela ?

D’après certains témoignages, c’est là le problème avec Musk. « On ne sait pas s’il faut le croire ou pas, car il fait un peu trop de promesses en même temps sans vraiment prendre le soin de les tenir comme cela se doit, ont-il déclaré ». Selon The Guardian, étant donné que Tesla Motors a eu dernièrement un peu de difficulté à augmenter la production de ses berlines de la Model S, la prédiction a semblé bien folle. Mais, au motif que l’on ne peut jamais être sûr avec Musk, il semble intéressant d’explorer davantage ces propos. Certains faits et analyses sur les capacités de la société à fournir ce genre de voitures auraient fourni quelques conclusions intéressantes, selon The Guardian.

Premièrement, bien que Tesla ne possède pas les compétences de fabrication de Ford ou de Toyota, elle a réussi à livrer 90 000 véhicules au dernier trimestre de 2018. Deuxièmement, il s’avère que sur le marché américain haut de gamme, Tesla surpasse BMW, Mercedes et Lexus. Et il y a aussi des développements intéressants sur le marché européen. De plus, une source du secteur aurait affirmé qu’en février, la modèle 3 de Tesla a dépassé les ventes des Mercedes Classe C, des BMW Série 3 et de l’Audi A4. Mais cela ne fait que confirmer que Tesla a finalement appris à produire des voitures en grande quantité et que ses clients fortunés sont prêts à les acheter, a poursuivi le journal britannique.

Cela donne-t-il le droit de croire que les « robots taxis » de Musk seront une réalité d’ici peu ? Selon Jean-Louis Gassée, ancien PDG d’Apple et observateur chevronné du secteur des technologies, Tesla pourrait être comparée à une tout autre voiture normale, mais représente en fait une conception radicalement différente de ce que devrait être une automobile. Il a expliqué que, bien que la plupart des voitures contiennent de nombreux composants électroniques, leurs logiciels ne sont qu’un complément externalisé du matériel.

Chez Teslas, c’est l’inverse : le matériel est le serveur du logiciel, a-t-il déclaré. Il poursuit en disant qu’en ces termes, « la différence entre une Audi A4, par exemple, et la Tesla Model 3 est analogue à la différence entre un téléphone polyvalent de Nokia et un iPhone X ». Cela signifie que la nature et les performances d’une Tesla peuvent être radicalement modifiées par une mise à jour logicielle. En 2017, par exemple, précise The Guardian, une mise à jour a étendu la gamme de Teslas en Floride pour permettre à leurs propriétaires d’échapper à l’ouragan Irma.

En outre, a continué le quotidien britannique, c’est bien peu comparé au système de pilote automatique disponible depuis 2014. Initialement conçu comme un système avancé d’aide à la conduite, il s’est transformé en un système destiné aux voitures autonomes. Et cela a été fait en « mode fantôme » en surveillant et en enregistrant chaque aspect du parcours de chaque Tesla, ce qui signifie que Tesla dispose de téraoctets de données de formation pour ses systèmes d’apprentissage automatique.

Sous d’autres cieux, on pense que cela n’est pas prêt d’arriver de sitôt, car il y a un inconvénient majeur : « le pilote automatique n’est pas des plus autonomes ». Selon eux, il va falloir revoir le développement de la conduite autonome et en posséder une meilleure version de cette dernière avant d’espérer de faire des tests avec ces soi-disant « robots taxis ». « Avant que cela ne soit faisable, il faut penser à développer une meilleure version de l’Autopilot, mais aussi de penser à quelle façon offrir ce service pour que cela ne conduise pas à ce que les voitures de ceux qui auront décidé de tenter l’aventure soient vandalisées », ont-ils expliqué.

Lire aussi : Elon Musk promet une flotte de 1 million de robotaxis Tesla en 2020

Sources : Developpez.com par Bill FassinouThe Guardian

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